Pour beaucoup, le Portugal se résume encore à ses plages d’août. Les statistiques officielles racontent une autre histoire. En 2025, la fréquentation touristique du pays n’a jamais été aussi bien répartie sur l’année depuis 2013. Et les mois où les visiteurs étrangers pèsent le plus ne sont ni juillet ni août. Ce sont octobre et mai.
Le Portugal n’est plus une destination d’été seulement
Commençons par le volume. Selon l’Institut national de statistique portugais (INE), qui a publié son bilan touristique 2025 le 9 juillet 2026, 29,9 millions de touristes non résidents sont arrivés au Portugal l’an dernier. C’est 3,3 % de plus qu’en 2024, une année qui avait déjà bondi de 9,3 %. Les Français forment le troisième contingent (10,9 % des touristes), derrière les Espagnols et les Britanniques.
La croissance ralentit. Mais un autre chiffre mérite davantage l’attention : le taux de saisonnalité est tombé à 36,4 %, son plus bas niveau depuis 2013. C’est un indicateur de concentration de la fréquentation dans l’année ; plus il baisse, plus les visiteurs se répartissent sur les douze mois.
Concrètement ? Le pic estival pèse moins lourd. Les étrangers sont même moins saisonniers que les Portugais : 34,4 % pour les non-résidents, contre 40,4 % pour les résidents. Le Portugal d’été n’a pas disparu. Il a simplement cessé d’être le seul.
Octobre et mai : quand les étrangers dominent
Deuxième enseignement, tiré des données provisoires de l’activité touristique publiées par l’INE le 13 février 2026 : dans les établissements d’hébergement, les marchés étrangers ont été majoritaires chaque mois de 2025. Sans exception.
Leur part culmine en octobre, avec 74,8 % des nuitées, puis en mai, avec 74,4 %. Ces mois-là, trois nuits sur quatre sont passées par des visiteurs venus de l’étranger. Attention, il s’agit d’une part et non d’un volume : octobre et mai ne sont pas forcément les mois les plus fréquentés, mais ceux où la clientèle est la plus internationale.
À l’inverse, les résidents pèsent le plus en décembre (38,7 % des nuitées) et en août (35,8 %). Rien de surprenant : ce sont les mois des fêtes de fin d’année et des grandes vacances.
Que retenir pour un séjour au Portugal ? Une question d’ambiance, surtout. En août, on partage les plages et les terrasses avec les familles portugaises en congé. En mai et en octobre, on croise plutôt d’autres voyageurs étrangers, dans un pays qui n’est pas en vacances.
Pour un départ en mai ou en octobre, une agence suisse présente ses offres de voyage au Portugal depuis la Suisse, de Lisbonne et Porto jusqu’à l’Algarve et Madère.
Algarve, Lisbonne, Nord : trois régions, trois profils
Où dorment ces visiteurs ? Toujours selon les données provisoires de l’INE pour 2025, l’Algarve concentre 25,4 % des nuitées du pays, devant la Grande Lisbonne (23,9 %) et le Nord (18 %).
|
Région |
Part des nuitées en 2025 |
|---|---|
|
Algarve |
25,4 % |
|
Grande Lisbonne |
23,9 % |
|
Nord |
18 % |
Source : INE, activité touristique 2025, données provisoires (février 2026).
À elles trois, ces régions réunissent plus des deux tiers des nuitées. Mais elles ne vivent pas du même public.
L’Algarve, terre de vacances balnéaires, reste la première région touristique du pays. La Grande Lisbonne, elle, dépend d’abord des visiteurs étrangers : 81,4 % de ses nuitées leur reviennent. Seule Madère fait davantage, avec 82,5 %. L’archipel atlantique est ainsi la région la plus tournée vers l’international. Le Nord, autour de Porto et de la vallée du Douro, complète le trio de tête. Concrètement, à Lisbonne comme dans l’archipel madérien, plus de huit nuitées sur dix sont le fait de visiteurs venus d’ailleurs.
Attention à ne pas surinterpréter. Ces parts décrivent la fréquentation de 2025, pas l’affluence que vous trouverez sur place l’an prochain. Elles disent qui fréquente quoi. Rien de plus.
L’Alentejo, région la plus saisonnière du pays
Retour au bilan annuel publié par l’INE en juillet. Une région s’y distingue nettement : l’Alentejo. Son taux de saisonnalité atteint 43,6 %, le plus élevé du pays, comme en 2024. La péninsule de Setúbal suit, à 41,4 %. La moyenne nationale, elle, plafonne à 36,4 %.
Ce que cela signifie ? Dans l’Alentejo, l’écart entre l’été et le reste de l’année est plus marqué que partout ailleurs au Portugal. C’est donc la région où partir hors saison a le plus de chances de changer l’expérience. Autrement dit, l’été y concentre davantage les séjours qu’ailleurs. En mai ou en octobre, on la découvre à un autre rythme : celui des villages, des marchés et des grandes plaines de chênes-lièges.
Évora, ses ruelles blanchies à la chaux et son temple romain. Monsaraz, village fortifié perché au-dessus des plaines. Le littoral alentejano, sauvage et peu construit. Autant de lieux qui se découvrent autrement une fois l’été passé.
Notre avis est simple : si vous ne deviez sortir des sentiers battus qu’une seule fois, faites-le ici, au printemps ou à l’automne.
Préparer un voyage au Portugal en mai ou en octobre
Visiter le Portugal en intersaison demande un peu plus d’anticipation qu’en plein été. Rien de compliqué, à condition de vérifier quelques points avant de boucler sa valise. L’intersaison a ses codes. Les connaître évite les mauvaises surprises.
- Les horaires des sites. Certains monuments, musées et services de bateau passent en horaires réduits hors été. Vérifiez-les sur les sites officiels avant de bâtir votre programme.
- La température de l’eau. L’Atlantique reste frais, même quand l’air est doux. Si la baignade compte beaucoup pour vous, renseignez-vous avant de prévoir un séjour purement balnéaire.
- Les villes et l’intérieur en octobre. Lisbonne, Porto, Évora ou la vallée du Douro se prêtent bien à l’automne. La marche et les visites y prennent le pas sur la plage.
- Le calendrier des fêtes locales. Fêtes de village, foires et pèlerinages ponctuent aussi le printemps et l’automne. Consultez les agendas municipaux et régionaux avant de fixer vos dates.
- Les transports. Hors été, certaines liaisons saisonnières, vers les plages ou les îles notamment, peuvent être moins fréquentes. Vérifiez les horaires de bus, de trains régionaux et de ferries avant de figer un itinéraire sans voiture.
- Les stations balnéaires. Dans les localités très saisonnières, certains restaurants et hébergements ferment ou réduisent leur activité en intersaison. Mieux vaut vérifier leur ouverture avant de partir.
- Les soirées. Une veste légère reste utile dans les bagages, surtout en bord de mer et en altitude.
Une précision, enfin. Partir au Portugal en mai ou en octobre ne garantit rien en matière de budget ni de météo. Ce que les chiffres montrent, c’est autre chose : un pays dont la fréquentation se répartit mieux, et où l’on voyage hors du rythme des vacances nationales. Pour beaucoup de voyageurs, c’est déjà un argument décisif.
En résumé
Trois idées à garder en tête avant de choisir vos dates :
- En 2025, la fréquentation touristique du Portugal a été la mieux répartie sur l’année depuis 2013.
- Octobre et mai affichent la plus forte proportion de nuitées étrangères ; août et décembre, la plus forte proportion de nuitées des résidents.
- L’Alentejo est la région la plus saisonnière du pays : c’est donc une destination particulièrement intéressante à découvrir hors été.
Le Portugal de l’été existe toujours. Celui du printemps et de l’automne mérite désormais qu’on s’y intéresse. Choisir sa période, c’est aussi choisir l’ambiance de son voyage.