C’est la question qui revient inlassablement lors des dîners entre passionnés d’aventure ou sur les forums de voyageurs. J’ai eu la chance incroyable de sillonner les pistes poussiéreuses des deux côtés de la frontière, jumelles au cou et carnet de notes à la main. Dire que l’un est meilleur que l’autre serait un mensonge ; ils sont frères ennemis, partageant le même écosystème mais offrant des philosophies de voyage radicalement distinctes. Le choix final dépendra souvent de votre tolérance aux trajets en 4×4 et de votre budget global.
Au Kenya, on sent l’histoire du tourisme. C’est le berceau du safari « Out of Africa ». Les infrastructures sont rodées, fluides. En Tanzanie, on ressent une nature plus brute, plus indomptable. C’est tout l’enjeu quand on se demande Kenya ou Tanzanie, quelle destination choisir pour un safari africain au moment de réserver ses billets. Si vous cherchez à cocher la liste des animaux vus rapidement, le Kenya est redoutable d’efficacité. Si vous voulez vous perdre dans l’immensité sans croiser une autre jeep pendant deux heures, la Tanzanie vous tend les bras.

Densité touristique et ambiance sauvage
Il faut être honnête sur la fréquentation : le Kenya est victime de son succès et de son accessibilité historique. Dans le Masai Mara, il n’est pas rare de voir une grappe de minibus entourer un lion. C’est le prix à payer pour une accessibilité remarquable. Les parcs y sont plus petits, ce qui crée une densité de véhicules plus importante. À l’inverse, la Tanzanie joue la carte de l’exclusivité par la distance. Les parcs du Nord (Serengeti, Tarangire) sont immenses.
Lors de mon dernier passage dans le Serengeti, j’ai pu rouler des heures en ne croisant que des gnous et des zèbres. Cette sensation d’être seul au monde a un coût, mais elle est inestimable pour les amateurs de photographie et de silence. C’est une approche différente, qui oppose le safari express vs slow safari et si voir moins c’était mieux, une philosophie qui gagne du terrain en 2026. Préférez-vous voir 20 lions en une heure entouré de touristes, ou traquer un seul léopard pendant trois heures dans un silence religieux ?
Face à face avec les légendes de la savane
Soyons clairs : que vous alliez au nord ou au sud de la frontière, la faune est époustouflante. Les éléphants d’Amboseli au Kenya, avec le Kilimandjaro (qui est techniquement en Tanzanie mais se voit mieux du Kenya !) en toile de fond, offrent sans doute le cliché le plus emblématique d’Afrique. Cependant, la topographie joue un rôle majeur dans vos observations. Au Kenya, la végétation et la taille réduite des réserves comme Samburu ou Nakuru facilitent le repérage des animaux. Les guides communiquent beaucoup par radio, ce qui assure presque à coup sûr de voir les stars de la savane.
En Tanzanie, c’est l’aventure avec un grand A. Dans le cratère du Ngorongoro, véritable arche de Noé naturelle, la densité animale est telle que vous ne saurez plus où donner de la tête. C’est d’ailleurs l’un des rares endroits où l’on peut espérer voir le rhinocéros noir assez facilement. Si vous partez en début d’année, il est très pertinent de se renseigner pour voyager au Kenya en janvier pour un safari à la recherche des Big Five, car la saison sèche y est propice, tout comme en Tanzanie où c’est la saison des naissances.
La grande migration : le spectacle mouvant
C’est le phénomène qui dicte le rythme de la vie en Afrique de l’Est. Des millions de gnous en mouvement perpétuel. Si votre rêve est de voir les traversées dramatiques de la rivière Mara, avec les crocodiles aux aguets, visez le Masai Mara au Kenya entre août et octobre. C’est intense, violent et magnifique.
Mais la migration passe 80% de son temps en Tanzanie ! De janvier à mars, les plaines du sud du Serengeti se couvrent de bébés gnous. C’est une période touchante et cruelle à la fois, car les prédateurs profitent de cette abondance. C’est un cycle éternel qui classe ces deux pays parmi les meilleurs safaris en Afrique, sans l’ombre d’un doute.

Logistique et budget : le nerf de la guerre
C’est souvent ici que la décision se cristallise. Le Kenya a longtemps été l’option la plus économique, grâce à une concurrence féroce entre les tour-opérateurs et une gamme d’hébergements allant du camping basique au lodge ultra-luxe. Cependant, attention aux idées reçues : depuis l’augmentation significative des frais d’entrée dans les parcs kenyans en 2024 (pour lutter contre le surtourisme), l’écart s’est réduit.
La Tanzanie reste traditionnellement plus chère. Les distances entre les parcs (sauf pour le circuit Nord) impliquent souvent des vols internes coûteux ou de longues journées de route. Les lodges y sont souvent plus intimistes, visant une clientèle « haute contribution, faible impact ». Néanmoins, si vous visez les parcs du sud comme le Selous ou Ruaha, le budget explose, mais l’expérience devient exclusive. C’est une donnée à prendre en compte si vous voulez savoir comment organiser un safari mémorable au Kenya et en Ouganda ou en Tanzanie, car les combinés multi-pays demandent une logistique (et un portefeuille) en béton.
Itinéraires et distances
En Tanzanie, le « circuit Nord » est un modèle d’efficacité : Arusha, Tarangire, Manyara, Ngorongoro et Serengeti s’enchaînent logiquement. C’est fluide. Au Kenya, relier le Masai Mara à Amboseli nécessite de repasser par Nairobi (ou de prendre l’avion), ce qui peut casser le rythme du voyage. Mais le Kenya a un atout secret : le parc national de Nairobi, unique au monde, qui permet de voir des lions avec des gratte-ciels en fond à 20 minutes de l’aéroport !
Après la poussière, l’océan Indien
Un safari est épuisant. Les réveils à 5h du matin, les secousses du 4×4… Finir par la plage n’est pas un luxe, c’est une nécessité ! Ici, deux écoles s’affrontent. Côté Tanzanie, l’archipel de Zanzibar est mythique. Stone Town offre une richesse culturelle inouïe, mélange d’influences arabes, indiennes et africaines. Les plages de Nungwi au nord sont sublimes et permettent la baignade à marée basse. C’est la cerise sur le gâteau de tout ce que vous pouvez faire lors d’un safari en Tanzanie.
Le Kenya n’est pas en reste avec Diani Beach ou Malindi. L’ambiance y est peut-être moins « insulaire » et historique qu’à Zanzibar, mais la qualité des plages, le sable blanc farine et les eaux turquoises sont tout aussi spectaculaires. Les resorts y sont souvent plus grands et mieux équipés pour les familles. Pour les amateurs de plongée, les deux destinations offrent des fonds marins exceptionnels, bien que les atolls tanzaniens comme Mafia Island soient un cran au-dessus pour les puristes.

Verdict : quel pays pour quel voyageur ?
Finalement, le choix est cornélien mais heureux. Si c’est votre premier safari et que vous voulez en prendre plein les yeux rapidement avec un budget maîtrisé, le Kenya est imbattable. C’est l’Afrique de carte postale, intense et accessible. Si vous recherchez une immersion plus sauvage, que vous avez un budget plus conséquent et que vous rêvez de combiner aventure brute et culture swahilie raffinée à Zanzibar, la Tanzanie gagnera votre cœur.
Et pourquoi ne pas envisager l’Afrique australe ? Si la saison ne colle pas avec l’Est, sachez que l’Afrique du Sud en janvier entre safari et plages ensoleillées est une alternative fabuleuse, sans paludisme dans certaines zones, ce qui est un atout majeur pour les familles.
Quel est le pays le moins cher pour un safari, Kenya ou Tanzanie ?
Généralement, le Kenya est plus abordable grâce à une plus grande offre d’hébergements et une concurrence accrue. Cependant, l’écart se réduit depuis l’augmentation des taxes de parc au Kenya. La Tanzanie privilégie un tourisme plus exclusif et donc plus coûteux.
Où a-t-on le plus de chances de voir les Big Five ?
Les deux pays abritent les Big Five. Le cratère du Ngorongoro en Tanzanie est l’endroit le plus compact pour tenter de les voir tous en une journée. Cependant, la densité des parcs kenyans comme le Masai Mara rend l’observation des félins souvent plus facile et rapprochée.
Peut-on combiner Kenya et Tanzanie en un seul voyage ?
Absolument, c’est même le voyage ultime ! Le passage de la frontière terrestre à Isebania (entre Masai Mara et Serengeti) est courant. Cela demande cependant un budget plus élevé (double visa, logistique) et une durée de voyage d’au moins 12 à 15 jours pour en profiter pleinement.
Quelle est la meilleure période pour la Grande Migration ?
Pour voir les traversées de rivière (le spectacle le plus dramatique), allez au Kenya (Masai Mara) entre août et octobre. Pour voir les immenses troupeaux et les naissances (calving season), privilégiez la Tanzanie (Serengeti) de janvier à mars.