blog de ti-Fred

Luang Prabang

Le 29/01/13, 9:56

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Du dimanche 27 au mardi 29 janvier

Luang Prabang, ancienne capitale royale du Laos est une ville magnifique. J’y suis arrivé, accompagné de Candice, après cinq heures trente de trajet en minibus sur une route de montagne dont l’état assez aléatoire m’a rappelé le Népal. Une fois en centre ville, nous sommes partis à la recherche d’une guest house proposant des chambres à un tarif abordable. L’entreprise fut longue et fastidieuse car la grande majorité des pensions et hôtels proposent des tarifs prohibitifs (du moins pour nos budgets) et la plupart affichaient complet. Ce fut ma plus longue recherche de chambre avec près d’une heure et demi de marche à travers la ville.

Cette cité calme et verdoyante s’étend le long du Mékong. Les bâtiments de l’époque coloniale côtoient les habitations traditionnelles, le palais royal ainsi que de nombreux temples et monastères bouddhistes, le tout admirablement bien conservé ou restauré. Luang Prabang est malheureusement victime de son succès. Les maisons familiales ont été remplacées par des hôtels, des restaurants, des agences de voyage et de boutiques à destination des masses de touristes se rendant là pour visiter cette ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

J’y ai retrouvé avec grand plaisir Aurélie et David accompagnés d’un couple d’amis avec qui j’ai passé mes soirées entre les restaurants de rue et l’immense marché de nuit. Les deux journées ont été consacrées à la visite de la ville et de ses temples finement décorés. Lors de l’une de promenades dans un quartier excentré, je suis tombé sur une partie de « pétang », la pétanque locale. Une trentaine de personnes assistaient à la partie opposant un tandem à un seul joueur. Les paris allaient bon train et le niveau de jeu était sacrément élevé !

Je pense que je peux conclure mon séjour à Luang Prabang m’a moins emballé que celui à Vientiane, très certainement à cause de la quantité de touristes présents.

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Posté par ti-fred

Vang Vieng

Le 26/01/13, 9:57

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Vendredi 25 et Samedi 26 janvier

Les trois heures et demie de route entre Vientiane à Vang Vieng se sont assez bien déroulées, malgré le fait que j’étais à deux doigts de manquer le bus. En effet, le taxi collectif récupérant les passagers à leur hôtel m’avait tout bonnement oublié. Cinq minute avant l’heure de départ du bus, j’ai appelé l’agence de voyage chez qui j’avais acheté mon billet et ils ont prévenu le chauffeur du taxi. Dix minutes plus tard, j’étais dans le bus, inconfortablement installé à côté d’un gros laotien et j’en venais à regretter le petit militaire du trajet Packse – Vientiane.

Arrivé à la gare routière de Vang Vieng, j’ai rejoins, en traversant une piste d’aérodrome, la guest house dans laquelle Candice m’avait réservé une chambre. Nous sommes ensuite allés faire un tour à pied dans la ville et ses alentours. La localité n’a pour moi rien d’intéressant. Les rues sont une suite d’hôtels, de boutiques, de salons de massage et de restaurants. Dans un grand nombre de ces derniers, des groupes de jeunes touristes passent leurs journées vautrés sur des matelas à boire des bières et/ou à consommer des drogues tout en regardant sur de gigantesques téléviseurs des rediffusions de séries telles que Friends, Les Simpsons ou South Park. Lorsqu’ils se décident à bouger, ce n’est que pour faire du « tubing ». Le « tubing » consiste à s’installer sur une chambre à air de tracteur et à se laisser dériver sur la rivière Nam Song. En général, les personnes pratiquant cette « activité » sont dans le même état que ceux qui passent leurs journées dans les restaurants. Quelques années auparavant, de nombreux bars bordaient la rivière et les « tubeurs » pouvaient se ré-alcooliser tout le long du trajet. Mais des accidents provocants la mort de quelques touristes a incité le gouvernement à fermer tous ces établissements.

Lorsqu’on sort du centre-ville, les paysages sont bien plus agréables. De hautes collines calcaires bordent la rivière que malheureusement aucun chemin ne permet de suivre. Nous parcourons de nombreuses petites rues qui s’éloignent du centre avant d’arriver dans des rizières en jachère pendant l’hiver. De retour à la guest house, Candice m’a laissé pour un rencard avec un voyageur rencontré en Thaïlande. N’ayant pas très faim, j’ai fait un petit tour dans la ville avant de me laisser tenter par stand de rue proposant d’appétissants pancakes. Tout en savourant une de ces gourmandises à la banane et au chocolat, j’ai passé une grande partie de la soirée à bavarder en anglais et en français avec une famille laotienne de Savannakhet. Ils étaient de mariage le lendemain à Vientiane et profitaient de l’occasion pour faire leur première visite à Vang Vieng.

Le lendemain, nous avons loué un scooter pour faire une petite boucle d’une vingtaine de kilomètres à l’Est de la ville. Le ciel était couvert, la route poussiéreuse et caillouteuse, mais nous avons fait une belle ballade au travers de la campagne. Nous avons fait une première étape au « Blue Lagoon », un petit bras de rivière aux eaux cristallines. Un peu plus haut, une profonde grotte abrite une statue dorée d’un Bouddha allongé. L’exploration de la caverne à la lueur de nos lampes frontales est par moment périlleuse car le sol est glissant. N’ayant pas de guide, nous avons sagement décidé de faire demi –tour au moment où nous n’avons plus vu la faible lumière de la sortie. Plus tard, nous nous sommes arrêtés dans un petit village pour nous restaurer d’une excellente soupe de nouilles sous la halle du marché. De retour à l’hôtel, la douche ne fut pas un luxe car nous étions couverts de poussière de la tête aux pieds !

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Posté par ti-fred

Vientiane

Le 24/01/13, 18:17

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Du mardi 22 au jeudi 24 janvier

A 20h30, nous sommes montés dans notre bus « limousine », Aurélie, David et moi après une séparation bien triste. Nous avons eu du mal à quitter Sonja et Dominique, nos amis suisses, avec qui nous avions passés d’excellents moments. Les étroites couchettes du bus étaient prévues pour deux personnes et je me demandais avec qui j’allais passer la nuit. Serait-ce un gros « Mike » en provenance des USA ou une charmante petite laotienne ? Ce fut un laotien, militaire de son état, discret et surtout petit ! Avec deux personnes de mon gabarit dans la couchette, le voyage aurait été simplement un enfer. Vingt minutes après, je dormais profondément, les écouteurs de mon lecteur mp3 enfoncés dans mes oreilles. Je me suis réveillé une première fois vers minuit et demi, avant de sombrer à nouveau pour deux heures de plus. Il est rare que je dorme aussi facilement dans les transports, mais les deux journées à scooter et les veillées de ces derniers jours m’avaient plutôt fatigué.

J’ai somnolé le reste de la nuit jusqu’à qu’une forte odeur de brûlé s’infiltre dans le bus. Le bus a continué une bonne heure après l’apparition de l’odeur, avant de s’arrêter une première fois pendant un quart d’heure. Nous sommes repartis alors que le jour commençait de se lever et nous avons pu apercevoir un léger flot de fumée noir s’échapper du côté du bus. Le deuxième arrêt, vingt et un kilomètres avant Vientiane fut bien plus long car il s’est avéré qu’un des freins avant s’était bloqué et comme nous avions roulé plus d’une heure avec, il fallait attendre que les pièces refroidissent avant de les débloquer. Au final, nous sommes arrivés à la gare routière avec près de deux heures de retard.

Là bas, Aurélie et David étaient attendus, depuis 6h du matin, par le père d’une de leurs amies. Pensant que le centre-ville était sur leur chemin, Aurélie lui a demandé s’il était possible de m’y déposer, proposition qu’il s’est empressé d’accepter. Nous avons d’abord fait étape chez lui, pour un copieux petit déjeuner, ce qui nous a permis de faire connaissance. C’est un ancien élève de l’école d’EDF qui a travaillé pendant 25 ans comme directeur technique pour le groupe Auchan. Il est de retour depuis deux ou trois ans au Laos, son pays natal. Le temps est vite passé à bavarder et ce fut rapidement l’heure de l’apéro. Et là, ô miracle (avec l’accent de Marseille), nous avons vu apparaître une bouteille de Pastis accompagné d’un saladier de glaçons. Il ne manquait plus que les olives et les cigales pour nous croire en Provence ! Du coup, le papa m’a gardé pour le déjeuner. Nous avons pu déguster un délicieux plat traditionnel composé d’une salade de poisson avec du riz gluant accompagné d’un bouillon de légumes et de poisson.

Après m’être fait déposer en centre ville par un de ses amis, je me suis lancé dans la recherche d’une chambre. Ca m’a pris une grosse demi-heure car la plupart était soit pleines, soit hors de prix. Finalement, je me suis rabattu sur un hôtel qui ne payait pas de mine, mais avec une chambre très spacieuse. J’ai continué de galoper toute l’après midi. Premièrement, j’ai du faire une douzaine d’agences de voyage pour comparer les prix du visa pour le Vietnam, avant de laisser mon passeport dans l’une des premières que j’avais vu. Ensuite, je me suis fait balader de boutique Fujifilm en magasin Canon pendant bien deux heures. J’étais à la recherche d’un établissement suffisamment important pour avoir un service technique capable de nettoyer le capteur de mon appareil photo. Celui-ci était plein de poussières et de tâches de gras et je n’ai pas vraiment l’intention de passer six mois à faire des retouches photos à mon retour. J’ai finalement réussi à trouver un magasin Canon, situé assez loin du centre ville, où un technicien a pu satisfaire ma requête, après que je lui ai montré comment fonction mon appareil Nikon. Cool

La nuit avait été courte et la journée chargée. Après m’être avalé un pad thaï dans un restaurant voisin et avoir chassé et éliminé quelques moustiques séjournant illégalement dans ma chambre, je me suis rapidement endormi.

Le lendemain, je suis parti visiter la ville que j’avais précédemment traversée de long en large au pas de course. L’atmosphère de Vientiane est rapidement contagieuse. Au bout de quelques pas, le calme régnant dans cette petite capitale de 716 000 habitants m’a envahit. L’architecture des vieux bâtiments est d’influence française. Tous les panneaux indicateurs et les noms des structures officielles sont en lao et en français. Même si dans les restaurants de la ville, la plupart des menus sont en français, rares sont les Laos parlant la langue de Molière. On y croise pas mal de touristes mais aussi de nombreux expatriés. Les monastères et les temples, d’âges plus ou moins variés, sont magnifiquement décorés de fresques et verroteries. A l’intérieur de ces derniers, une immense statue dorée de Bouddha trône face à la porte d’entrée. Elle est entourée d’une multitude de statues représentant la divinité dans différente positions et nombreuses offrandes. Autour des temples, de jeunes moines vaquent aux travaux d’entretien, se reposent, mangent ou étudient.

Au détour d’une rue, je suis tombé sur un grand bâtiment en forme de U abritant le marché couvert. Il était divisé en trois parties, la première accueillant les marchands de textiles, la deuxième les boutiques d’électroménager et la troisième des librairies, des quincailleries et des échoppes vendant des accessoires religieux. Un grand centre commercial de construction très récente comblait le vide du U. Dans celui-ci, aucun supermarché n’est présent, mais on y trouve une multitude de boutiques de vêtements, de souvenirs, de montres et surtout de téléphones mobiles. En effet, non moins d’une trentaine de comptoirs vendant des téléphones et leurs accessoires sont répartis sur les trois niveaux du bâtiment. L’Asie est un véritable paradis pour les fabricants de téléphones !

Après avoir traversé une rue longeant le marché couvert et m’être enfoncé dans une ruelle sombre et crasseuse, j’ai débouché dans un tout autre univers. Abrité sous un toit sans fin de tôles ondulées et éclairé par une myriade de néons et de lampes à incandescence, desservi par un dédale de minuscules allées et fréquenté par toute une foule, un gigantesque marché aux vêtements s’offrait à moi. Des sarongs traditionnels aux jeans de contrefaçon, tous les genres de vêtements y sont représentés. Une fois la sortie de ce labyrinthe trouvée, heureux de sentir à nouveau les rayons du soleil sur mon visage, j’ai débouché sur des cahutes vendant toutes sortes de produits fabriqués en bambou, tels que des saladiers, des tabourets et des petits paniers dans lesquels est le riz gluant. J’y ai rencontré Candice, une française de 36 ans faisant un tour du monde en solitaire. Enfin, un énorme hangar sans murs abritait les marchands de fruits et légumes, de viande et de poissons vivants, séchés ou mort depuis une date plus ou moins récente.

Candice étant à vélo, je suis rentré seul à mon hôtel en empruntant des petites rues en dehors du quartier touristique. Les portes des maisons toujours ouvertes permettent d’entrevoir une partie de la vie familiale qui se déroule pourtant en grande partie à l’extérieur. Les enfants jouent dehors, les femmes et les filles aînées préparent le dîner tandis que les hommes partagent une BeerLao, la bière locale. Parfois on les voit jouer à la pétanque sur des terrains spécialement aménagés pour cette activité.

La journée de jeudi fut également consacrée à la visite de quelques temples et monastères. Je me suis rendu ensuite à la gare routière du marché pour prendre un bus pour le Buddha Parc. Situé à 14 km, le trajet dura une bonne heure. Une fois sorti de la ville, le bus a longé le Mékong pendant une demi-heure sur une route caillouteuse et garnie de nids de poules. De l’autre côté du fleuve, on pouvait apercevoir une grosse ville thaïlandaise nettement plus riche au vue de la taille de ses maisons et de ses buildings. Le buddha parc est un endroit sympathique pour faire de la photo, mais ne présente pas un grand intérêt touristique. Sur environ trois cents mètres carrés, on peut y voir des statues en béton représentant des bouddha ou des divinités hindouistes dont certaines font plus de vingt mètres de haut.

De retour sur le centre ville, j’en ai profité pour récupérer mon passeport, faire le tour des librairies et réserver une place de bus pour le lendemain matin à destination de Vang Vieng. Plus le temps passe, plus je me dis que je vais avoir du mal à quitter ce magnifique pays....

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Posté par ti-fred

Pakse et plateau des Bolovens

Le 21/01/13, 13:24

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Du vendredi 18 au lundi 21

Le minibus nous a déposé devant l’hôtel Thaluang de Pakse seulement deux heures après être parti de Nakasang. Non seulement le trajet retour fut plus rapide, mais aussi plus confortable ! David avait appelé pour réserver quatre chambre dans la matinée afin qu’on puisse tous loger au même endroit. Sur le coup, ça m’a fait tout bizarre de ne pas avoir à galoper depuis une gare routière pour chercher une chambre. Une fois nos sacs déposés dans nos chambres respectives, nous nous sommes précipités déjeuner dans un restaurant situé non loin de l’hôtel. Sur le chemin, nous avons retrouvé Sylvie, une habitante de la région toulousaine qui avait déjà passé quelques jours avec Aurélie, David, Sonja et Dom. C’est la première fois en quatre mois de voyage que je me suis retrouvé à passer quelques jours avec autant de monde !!!

Après le repas, j’ai accompagné Aurélie et David à une des gares routières de la ville afin qu’ils réservent leurs bus pour Vientiane. A ce moment là, je n’avais rien de prévu pour « l’après Pakse ». Après quelques instants de réflexion, j’ai pris la décision de réserver une place dans le même bus. Je ne peux pas trop m’éterniser dans le sud car mon visa pour le Laos est valide jusqu’au 4 février et j’ai encore tout le nord du pays à visiter. Du coup, tant pis pour tout ce qui se situe entre Pakse et Vientiane, ça sera pour mon prochain séjour ici !

Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés au marché couvert de Pakse. Le bâtiment de trois étages abrite de nombreuses boutiques qui propose énormément de produits de contrefaçon tels que des vêtements, des téléphones, etc., .... Salomé et Aurélie en ont profité pour s'acheter un sac à main pendant que David et Rémi prenaient tant bien que mal leur mal en patience. De retour à l’hôtel, j’en ai profité pour finir l’article sur Don Khon. J’étais vraiment heureux d’avoir rattrapé mon retard car je n’en voyais plus le bout depuis plusieurs semaines. J’y ai travaillé une bonne partie de l’après-midi et de la soirée avant de le publier, soulagé et épuisé, vers deux heures du matin.

Le lendemain matin, nous sommes allés louer des scooters pour faire une boucle de deux jours dans le plateau des Bolovens. Les scooters asiatiques sont pour la plupart des 110 cm³ à quatre vitesses et sans embrayage. Comme j’en avais déjà conduit un sur Don Khon, la prise en main fut facile et nous sommes partis à quatre scooters, tous de couleur rouge, sur la route des Bolovens. La sortie de Pakse fut un peu difficile car la circulation en ville est anarchique. Ici, contrairement aux pays que j’ai pu visiter précédemment, la circulation se fait théoriquement à droite, comme en France. Cependant il est fréquent de voir arriver toute sorte de véhicule à contre-sens et de voir débouler à toute vitesse des scooters ou des voitures d’une rue perpendiculaire qui s’engagent sans regarder. Bref, autant je ne me serais jamais risqué à conduire en Inde ou au Népal que là, je l’ai fait mais avec une extrême vigilance.

Une fois sortie de la ville, la circulation s’est faite beaucoup moins dense, ou même parfois quasiment inexistante. Toutefois, il nous fallait rester attentif car à tout moment, il nous fallait éviter des vaches, des chiens, des poules suivies de leurs poussins et même des cochons. Après une heure de route, nous avons fait une première pause le long d’une petite rivière, puis nous avons rejoins les chutes de Phaxuam Cliff près desquelles nous avons visité un petit village ethnique.

De retour sur la route, nous avons continué jusqu’à Tad Lao, un site magnifique situé sur le bord d’une rivière non loin de deux très belles cascades. Nous nous sommes trouvé un bon hôtel dans lequel j’ai partagé une chambre avec Salomé et Rémi. Le reste de l’après-midi fut relax pour ma part, car je n’avais que très peu dormi la nuit précédente, pendant qu’une partie du groupe est partie jeter un œil aux cascades.

Nous sommes repartis le lendemain vers 9h pour visiter les deux cascades proches de l’hôtel avant de nous rendre à Pakxong où nous avons visité un temple et pris notre déjeuner. L’après-midi, nous nous sommes arrêtés pour visiter une ferme biologique. L’endroit était splendide et l’accueil très agréable. Nous avons longuement bavardé avec l’employé qui nous a fait visiter la ferme. Sur la route, après avoir quitté la ferme, j’ai longuement réfléchi à la possibilité d’aller y passer quelques jours. Partout, des champs de caféiers bordaient la route. Une petite demi-heure plus tard, nous nous sommes arrêtés pour acheter du café dans une petite boutique. Nous y avons également dégusté un excellent thé qu’ils produisent eux-mêmes. En discutant avec la propriétaire, nous avons appris que le président de l’association qui supervise la ferme précédemment visitée a été arrêté par la police à Vientiane quelques jours auparavant. Apparemment, il n’avait pas sa langue dans sa poche, et dans un état communiste comme le Laos, ça pose quelques problèmes. Du coup, mon hésitation concernant mon séjour à la ferme a disparu car je n’avais pas envie de voir débarquer la police laotienne !

Nous sommes ensuite allés voir une magnifique cascade d’une hauteur d’une cinquantaine de mètres avant de rentrer à Pakse juste avant la tombée de la nuit. Nous étions vraiment contents d’arriver, car après un peu plus de deux cent kilomètres à scooter, nous avions tous le dos et les fesses endolories. Après une bonne douche, nous sommes tous partis déguster une excellente fondue laotienne appelée Sin Dat.

Ce matin, Salomé et Rémi nous ont quittés pour Siem Reap, au Cambodge. Le reste de la journée a été plutôt calme et nous en avons profité pour bavarder, trier les photos et écrire nos blogs respectifs. A ce sujet là, j’en profite pour vous donner le lien du blog d’Aurélie et David. Ils voyagent depuis 10 mois déjà et vous pourrez y lire leurs aventures et surtout y voir de magnifiques photographies.

Dans quelques heures, j’embarque avec eux dans un bus « limousine » pour Vientiane, la capitale du Laos. Nous laissons derrière nous Sonja et Dominique qui eux partiront demain pour Bangkok. Nous avons déjà prévu de nous retrouver tous les cinq pour passer un week-end ensemble et je pense que nous attendons tous ça avec impatience !

Voir les photos : Laos - Boloven ]

Posté par ti-fred

Don Khon, l’île où la notion de temps n’existe pas ...

Le 18/01/13, 2:24

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Du Mardi 7 janvier au vendredi 18 janvier

Don Khon pourrait être comparée à une plante carnivore si l’on fait abstraction de la fin tragique que connaît l’insecte qui s’y retrouve piégé, ou, plus simplement, à un vieux canapé moelleux duquel on n’arrive plus à s’extraire. Les verdoyantes rives du Mékong, l’ambiance insulaire détendue, les splendides couchers de soleils sur les collines cambodgiennes et les grosses chaleurs de la journée tempérées par un doux vent du sud font qu’une grande majorité des voyageurs mettant un pied ici prolongent de plusieurs jours leur séjour. En quelques heures, on s’y sent comme chez soi, toute notion de temps disparait et, tel Astérix Obélix sur l’île du Plaisir, il nous faut faire un effort surhumain pour en repartir. Pour ma part, j’avais prévu d’y séjourner trois ou quatre jours mais j’y suis finalement resté douze jours.

Située à l’extrême sud du Laos, le district de Si Phan Don, signifiant « quatre milles îles » en lao, porte bien son nom. S’étalant sur une cinquantaine de kilomètre entre les rives du Mékong, l’archipel est constitué de plusieurs milliers d’îles et d’îlots dont la plupart sont tellement petits qu’ils disparaissent sous les flots pendant la saison des pluies. Don Khon, d’une surface avoisinant trois kilomètres carrés, est bordée d’une végétation tropicale composée essentiellement de différentes espèces de palmiers, de bananiers et de tamariniers centenaires. L’intérieur des terres est couvert de petites rizières, de forêts, de potagers et de plantations de cannes à sucres. De petits villages sont éparpillés sur l’île. La plupart des maisons sont en bois ou en nattes de bambous, leurs toits en tôle ondulée ou feuilles de palmiers et elles sont toutes construites sur des pilotis de deux à trois mètres de hauteur. Pendant la saison sèche, une grande partie de la vie familiale se déroule à l’ombre des maisons. Les femmes y font la cuisine ou des travaux manuels tels que la confection de filets en nylon ou des nasses en bambou, les enfants y jouent et, au retour de la pêche, les hommes y font la sieste, confortablement installés dans des hamacs. Ici, les activités économiques principales sont la pêche, la culture du riz, des noix de coco et de la canne à sucre. De nombreuses familles ont un petit potager sur la berge du fleuve qui leur permet d’assurer leur subsistance en légumes frais, et parfois, d’avoir un peu d’argent en les vendant au marché. D’autres familles vivent entièrement du tourisme grâce à la vingtaine de guest house et de restaurants installés sur la rive faisant face à l’île de Don Det.

La guest house dans laquelle je séjourne comporte une quinzaine de chambres. Sept d’entres-elles sont en bord du Mékong et les autres sont situées de l’autre côté de la petite rue principale du village de Ban Khon. Une grande terrasse sur piloti s’élance sur le fleuve. C’est l’endroit critique de la guest house : une fois qu’on s’est installé sur un des matelas, il est très difficile de se lever. Du coup, nombre de voyageurs recherchent le calme en venant à Don Khon et ils finissent par passer une grande partie de leurs journées à lézarder sur la terrasse.

Comment pourrais-je vous parler d’ici sans vous parler des personnes qui y vivent ou qui y ont séjourné ? La pension est tenue par Papa Louaille, âgé de 58 ans, et son épouse que tout le monde appelle « Mama ». Ils ne parlent que quelques mots d’anglais, mais on arrive toujours à comprendre à peu près. Papa Louaille a cinq petites filles âgées de 13, 12, 10, 5 et 3 ans. Les trois plus grandes sont de sa première femme, décédée quelques années plus tôt. Sa deuxième épouse est de vingt cinq ans plus jeune que lui ! Papa est certainement le personnage le plus attachant que j’ai rencontré à ce jour pendant mon voyage. Il a le cœur sur la main, rigole tout le temps, il fait tout pour que ses hôtes se sentent à l’aise et il est d’une extrême gentillesse. Malheureusement, il s’assomme à longueur de journée au Lao Lao, un alcool local qui pourrait aisément servir de carburant pour scooter et qu’il transvase quotidiennement d’un jerricane de cinquante litres dans une petite bouteille de boisson énergétique. On sent bien que le décès de sa première femme l’attriste énormément. Aidée par les trois aînées lorsqu’elles ne sont pas à l’école, Mama s’occupe essentiellement du restaurant. Elles concoctent de délicieux plats laotiens ou thaïs, ainsi que de fabuleux jus de fruits et milk shakes. Viennent ensuite Kao, Tanoï et deux autres filles dont je n’ai pas retenu les prénoms qui aident la famille à faire tourner la guest house. Papa et Mama m’ont très rapidement adopté, au point où Papa Louaille m’a demandé à plusieurs reprises d’épouser sa nièce Tanoï !

Ce qui fait également le charme de l’endroit, ce sont les superbes rencontres que j’ai pu y faire. Afin d’éviter de vous perdre en cours de route (si n’est déjà fait !), je vais m’attacher à ne citer que les plus marquantes. Lors de mon arrivée, j’ai été accueilli par Sophia, une charmante (et un peu perchée) londonienne dont il m’a fallu trois jours pour arriver à la comprendre tant son accent est horrible. Partie début décembre d’Angleterre pour un voyage d’un an et arrivée quelques jours après chez Papa Louaille, elle n’a pu en repartir. Elle prévoyait d’y rester jusqu’à la fin du mois mais elle a finalement quitté l’île hier en compagnie d’un copain de classe rencontré la veille. Ensuite, je ne peux pas vous parler de la guest house sans vous parler de Tom. Tom fait parti des murs... à mi-temps ! En effet, il vient à Don Khon quatre à six mois depuis six ans. Le reste de l’année, il habite du côté de Carcassonne.

Quelques jours après mon arrivée, Papa Louaille a reçu la visite d’une de ses nièces, accompagnée de son époux et de leur fils. Elle avait quitté le Laos à cinq ans pour la France (plus précisément... Bordeaux !) et n’était pas retourné dans son pays de naissance depuis. Ce fut une extraordinaire rencontre car ils sont tous les trois adorables. Leur fils Bastien, âgé de dix ans, n’était pas sans me rappeler ma nièce qui me manque tant. J’aurais bien aimé qu’ils restent quelques jours de plus à Don Khon afin de profiter plus longtemps de leur compagnie mais je me console en me disant que nous aurons bien des occasions pour partager d’autres moments ensemble à Bordeaux !

Vous devez vous demander ce que j’ai pu faire pendant douze jours sur une île minuscule ! Et bien, c’est assez simple : pas grand-chose !!! J’ai passé la majeure partie de mon séjour à lire, écrire, trier mes photos et discuter. Après plus de trois mois de voyage, ça fait un bien fou de poser son sac quelques jours, et j’ai immensément savouré ces moments de détente, surtout après la trop touristique Thaïlande.

Cela dit, je n’ai pas fait que ça. Quelques ballades à pied ou à vélo sur les deux îles ont contribuée à agrémenter mon séjour sur Don Khon. Traverser de paisibles villages, longer le Mékong, plonger dans d’odorantes forêts tropicales ont contribué à m’apporter une sérénité que le franchissement de petites cascades sur des ponts en bois douteux n’a pas réussi à ébranler. De plus, je suis allé pique-niquer au pied des immenses cascades de Khon Phapheng, la première fois, peu de temps après mon arrivée et la deuxième l’avant-veille de mon départ. A cet endroit, des millions de mètres cubes d’eau du Mékong se jettent une quinzaine de mètres plus bas dans un fracas assourdissant. Pour s’y rendre, Il faut les talents de navigateur de Papa Louaille et ce n’est pas pour rien que c’est la seule personne à y conduire des touristes. En effet, le Mékong est loin d’être un long fleuve tranquille ! Ses bras peuvent être larges d’une dizaine à plusieurs centaines de mètres, leurs profondeurs sont très aléatoires et les dénivelés changent fréquemment, ce qui fait que la force des courants varie proportionnellement à ces trois variables. Bref, en quelques instants on passe d’une eau calme comme un lac à de vrais rapides dont d’énormes blocs de pierre affleurent la surface. Seul un navigateur expérimenté comme « Papa » peut s’y risquer, car à tout moment, le bateau peut s’échouer sur un rocher, percuter un îlot ou un buisson poussant sur les hauts fonds.

Sur le fleuve, nous croisons de nombreux pécheurs. Depuis leur petite embarcation propulsée par un moteur ou à l’aide de pagaies, ils jettent au devant du bateau un filet circulaire plombé tout le tour par quelques maillons de chaîne et le ramène quelques instants après en tirant sur un bout. Souvent, une canne à pêche a été installée sur un buisson poussant dans l’eau. Chaque petite cascade est barrée d’une installation en bambou de la forme d’un tremplin de saut à ski servant à capturer tous les poissons passant par là. Il est fréquent de voir quelques laotiens les réparer ou en construire de nouvelles, souvent au péril de leur vie. Malheureusement, quelque soit les moyens employés, les prises sont très rares pendant la saison sèche comparées aux tonnes pêchées chaque jour pendant la mousson.

Autre délice visuel du trajet en bateau, les rives bordant le Mékong nous transportent au cœur de la vie quotidienne du sud Laos. Une majeure partie des berges est couverte d’une dense végétation d’où apparaissent, de temps à autres, des buffles d’eau qui vont se baigner dans le fleuve. Tels des vols d’oies sauvages, de nombreux hérons au plumage d’un blanc immaculé traversent le ciel alors que d’autres, perchés sur un buisson, attendent leurs proies. De petits jardins où poussent toutes sortent de légumes descendent jusqu’au bord du fleuve dont ils sont protégés des vagues par de gros bambous placés à environ deux mètres de la rive. Parfois, on croise quelques maisons dont les habitants sont en train de prendre leur bain directement dans le Mékong. On les voit descendre la berge uniquement vêtus d’un sarong avec à la main un petit panier contenant le nécessaire de toilette.

La demi-heure du trajet aller et les trois-quarts d’heure retour sont une expérience inoubliable.

Je suis retourné là bas deux autres fois, mais en famille ! Sur une île située au milieu de la cascade, un arbre sacré âgé de plusieurs centaines d’années menaçait de tomber dans la rivière. D’après la légende, cet arbre assurerait richesse, invincibilité et prospérité à celui qui arriverait à le sortir de l’île. Depuis près de quatre cent ans, de nombreuses personnes ont essayé de le récupérer sans succès et certains y ont trouvé la mort. Cette fois-ci, c’était l’armée laotienne qui organisait une opération. L’enlèvement étant prévu le samedi à 14h, nous sommes partis vers midi et demi. Un peu avant d’arriver, nous avons été surpris de voir une foule immense sur la rive opposée. Les laotiens sont très attachés à cet arbre et ils se sont massivement déplacés pour assister à l’opération militaire. Arrivés sur une petite île au sommet de la cascade, une centaine de personne étaient installés en famille face aux flots, en train d’observer au loin quatre militaires. Ces derniers étaient en train de s’échiner à remonter l’arbre sacré à l’aide de treuils. Les pronostics allaient bon train et un grand nombre de personnes présentes prévoyaient un échec de l’armée et ils avaient en partie raison. L’opération a été reportée au lendemain et la foule s’est dispersée après l’hélitreuillage des militaires par un vieux coucou russe à double rotors. Nous y sommes retournés le lendemain, mais un peu trop tard cette fois-ci. En effet, l’arbre avait été tronçonné dans la matinée en plusieurs parties et lors de notre arrivée, l’hélicoptère emportait l’avant dernière partie sous les yeux ébahis des spectateurs. Dès le lendemain, des nombreuses photos couleurs plastifiés étaient en vente sur le marché de Nakasang et on peut dire qu’elles s’arrachaient comme des petits pains !

La ville de Nakasang n’est pas d’un grand intérêt pour les touristes qui n’y font qu’y transiter, mais elle est d’une importance vitale pour les insulaires. On y trouve un marché couvert et de nombreuses boutiques où l’on trouve toute les marchandises qui ne peuvent pas être produites sur l’île. J’y ai accompagné « Papa » à plusieurs reprises pour tenter de retirer de l’argent à l’unique distributeur de la ville (tout le temps HS) et pour l’aider à porter les courses. Nous y partions souvent avec de touristes quittant Don Khon pour revenir avec la pirogue chargée de caisses de bières, de légumes, de nouilles de riz et de diverses autres denrées nécessaires pour le restaurant.

Un matin que nous partions à Nakasang sans y ramener de voyageurs, « Papa » nous a arrêtés en cours de route sur une petite île. Il m’a demandé de l’accompagner jusqu’à l’unique maison de l’île et arrivés là bas, nous avons choisis... un cochon ! En effet, Mali et sa famille partaient le lendemain pour Vientiane et son oncle prévoyait d’organiser une fête pour leur départ. En fin de matinée, le cochon avait fait sa première ballade en bateau, se dirigeant sans le savoir vers le barbecue. Lorsque nous sommes rentrés d’une ballade à scooter pour voir d’autres cascades et des dauphins d’eau douce, il avait déjà été tué et grossièrement dépecé par le boucher du village. Les femmes étaient en train de couper de petits morceaux qui seraient ensuite cuisinés en soupe. J’ai proposé de filer un coup de main pour le barbecue et j’ai atterri autour d’un trou dans lequel brulait un grand feu. Une fois les braises faîtes, nous avons posé dessus une sorte de grillage avant d’y mettre à cuire des gros morceaux de viande et une tête entière. Une partie de la famille habitant sur l’île avait été invitée. Quelques hommes, sentant l’odeur de la viande grillée ont ramené une planche, un couteau et un bol de sauce nuoc mam agrémentés de piments et d’ail avant d’attraper une oreille et de la découper en fines tranches. C’était tout simplement délicieux.

Une fois la viande cuite, « Papa » a organisé une cérémonie du Bassi en l’honneur du départ de Mali, Vincent et Bastien. Nous étions tous assis en cercle autour d’un vase d’offrande et après une courte prière, et pendant un bon moment, nous échangés de vœux à voix haute tout en offrant un petit bracelet fil matérialisant le vœu. Nous nous sommes enfin réunis au milieu de la cour autour d’assiettes de grillades, de paniers de sticky rice et de soupe de curry au porc et aux légumes pour savourer un délicieux diner bercés par les chansons interprétées par Papa Louaille.

Quelques jours avant de partir, alors que je n’avais toujours pas décidé que j’allais partir, j’ai rencontré tout un groupe de voyageurs composé d’un couple de parisiens, Aurélie et David, de deux ami-e-s suisses, Sonja et Dominique, et d’une danoise, Karen. On a passé d’excellents moments ensemble, notamment mon dernier aller-retour aux cascades. Karen nous a quittés pour le Cambodge le lendemain de cette ballade et les autres avaient prévus de faire un road trip en scooter sur dans le plateau des Bolavènes. C’était une excellente motivation pour arriver à m’arracher à Don Khon et j’ai donc décidé de les suivre. Le soir même, nous avons décidé deux autres français à nous accompagner, Salomé et Rémi.

Nous sommes partis ce matin, vendredi 18, pour Pakse. J’étais bien triste de quitter Papa Louaille et sa famille. « Mama » m’a offert une noix de coco dans la matinée et un sandwich pour la route. « Papa » a rempli ma flasque de Lao Lao en me disant « after Vietnam and Cambodia, you come back ! » et en profitant pour remettre une couche, tout en rigolant, sur mon mariage avec sa nièce. Nous avons quitté l’île à bord du bateau de « Papa » totalement surchargé en personnes et en bagages et c’est après avoir échangé une bonne rasade de Lao Lao et quelques embrassades que nous nous sommes séparés.

Ce séjour à Don Khon restera gravé dans ma mémoire. Plutôt de finir mon périple par un court séjour sur une île thaïlandaise comme je le prévoyais, je vais faire en sorte de revenir passer au moins quatre ou cinq jour à Don Khon. Comment pourrais-je mieux conclure mon aventure ?

PS: Promis, la prochaine fois, j'essaye de faire plus court!
PPS: Il m'aura fallu plus d'un mois pour rattraper mon retard, mais maintenant c'est fait Se marre
PPPS: Toutes mes excuses pour les fautes, j'écris souvent dans des conditions extrêmes (par exemple, il est actuellement 2h du matin et j'ai du écrire pendant un peu plus de 4h aujourd'hui!)

Voir les photos : Laos - Don Khon ]

Posté par ti-fred

De Chiang Maï à Don Khon

Le 04/01/13, 15:01

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Vendredi 4, Samedi 5 et Dimanche 6 janvier

Ce fut avec un pincement au cœur, et une petite gueule de bois, que j’ai quitté Leonieke, Robert et Sanne. Cette dernière allait s’enfermer dans un monastère pendant quelques jours pour faire une initiation à la méditation Vipassana, quant à Leonieke et Robert, ils partaient dans le nord du Laos après un court séjour à Chiang Raï. De mon côté j’avais décidé de traverser la Thaïlande pour me rendre aux « 4000 îles », à l’extrême sud du Laos. Lors des voyages, les rencontres sont souvent intenses et les séparations peuvent êtres parfois un peu douloureuses. Décidemment, je crois bien qu’il va falloir que j’aille passer quelques semaines en Hollande à mon retour afin de revoir toutes les personnes avec qui j’ai sympathisé pendant ce voyage !

J’ai « embarqué » dans un bus pour Phitsanulok vers dix heures du matin. De là, j’avais prévu de traverser le pays d’Ouest en Est pour me rendre dans un premier temps à Pakse, au Laos. J’écris « embarqué » car j’avais l’impression d’être un avion ! Le bus comportait deux étages, des sièges spacieux et inclinables, des téléviseurs à écrans plats et pendant le voyage, deux stewarts nous ont distribué des biscuits et des petites bouteilles d’eaux. Cinq heures après avoir quitté Chiang Maï, nous nous sommes arrêtés dans une immense cantine pour nous restaurer, le repas étant à ma grande surprise compris dans le prix du billet. Une demi-heure après être repartis, nous sommes arrivés à Phitsanulok. De la gare routière, je me suis rendu d’un coup de tuk-tuk au même hôtel que lors de mon précédent séjour dans cette ville.

C’est terrible de ne plus tenir l’alcool après trois mois de voyage ! J’étais plein de courbatures et une migraine persistante ne m’avait pas lâchée depuis le réveil. Du coup, après une bonne douche, je suis allé me faire masser pendant deux heures. C’était assez fun car pendant qu’on me massait, d’autres masseuses étaient en plein karaoké ! J’ai laissé au salon une partie de ma migraine et la totalité des mes courbatures pour me rendre au marché de nuit se trouvant non loin de la gare ferroviaire. Etant donné que la grande majorité des étals font uniquement de la vente à emporter, j’y ai acheté une grosse cuisse de poulet grillée, une paire de brochettes de porc, une portion de « sticky rice » (du riz gluant) et un petit ananas tranché avant de m’en retourner à l’hôtel pour déguster le tout devant un film.

Le lendemain, je me suis fait douze heures de bus locaux pour rejoindre Ubon Ratchathani, via Khon Kaen. Le voyage s’est passé bien plus rapidement que la veille, comme quoi, voyager sans avoir la gueule de bois, c’est quand même bien mieux ! A Khon Kaen, j’avais appelé un hôtel afin de réserver une chambre. Arrivé à l’hôtel à 21h30, ils m’ont annoncé être complets et n’avoir eu aucune réservation. Bien que surpris, je n’ai pas insisté. Je pense que je commence à avoir l’habitude de courir les rues pour me trouver une chambre. Je me finalement trouvé un hôtel très correct dix minutes plus tard. Après un rapide repas dans le marché de nuit se situant au pied de l’hôtel, je me suis rapidement couché car j’étais claqué de ma journée de bus.

Ma troisième journée de transit fut également longue. Je suis parti de la gare routière d’Ubon Ratchathani à 10h30, à bord d’un bus transfrontalier. Je ne suis pas un grand adepte de ce genre de moyen de transport car c’est tout simplement rempli de touristes et en général, moins j’en vois, mieux je me porte. Cela dit, l’autre solution aurait été de me rendre à la frontière en bus local, faire une longue traversée à pied et trouver un autre bus local pour Pakse. J’aurais perdu un temps fou à faire ça et j’aurais en plus été obligé de passer une nuit à Pakse. Le bus transfrontalier avait l’avantage d’être bien plus rapide. Trois heures et demie plus tard, avec une pause de trois-quarts d’heures à la frontière, j’étais arrivée à une des gares routières de Pakse.

J’ai rejoins, d’un coup de tuk-tuk, une autre gare routière au sud de la ville pour prendre un taxi collectif à destination de Nakasang. Je me félicite d’avoir été assez malin sur le coup. Tandis qu’une vingtaine de personnes s’entassaient à l’intérieur du pick-up, j’ai patienté jusqu’au dernier moment avant de m’installer confortablement sur les deux sacs de riz posés sur le marchepied arrière. Je crois que, mis à part les personnes installées dans l’habitacle et en faisant abstraction des gaz d’échappement ainsi que de la poussière, j’avais la meilleure place. Une fois partis, je me suis attrapé ma casquette, afin d’éviter l’insolation, mes lunettes de soleil et mon lecteur MP3 avant de m’étendre les jambes sur une glacière, le tout sous les yeux ébahis des autres passagers, serrés comme des sardines à l’arrière du taxi.

Arrivés à Nakasang, une partie d’entre nous a embarqué sur une large pirogue à moteur à destination des îles de Don Det et de Don Kong. Une demi-heure plus tard, après avoir débarqué la grosse majorité des passagers sur Don Det, nous sommes arrivés à Don Khon. J’ai rapidement trouvé la guest house qui m’avait été conseillée par Séverine et Denis car tout le monde sur l’île connaît « Papa Louaille ». C’est poussiéreux comme une pomme de terre que j’ai été accueilli là bas et que l’on m’a proposé la dernière chambre de disponible qui, pour mon plus grand bonheur, donnait directement sur le Mékong.

Posté par ti-fred

Paï et Chiang Maï

Le 02/01/13, 14:05

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Mercredi 2 et Jeudi 3 janvier

Après deux jours passés à Chiang Mai, je n’avais qu’une envie : m’échapper ! Les personnes rencontrées tout au long de mon périple en Thaïlande m’avaient conseillés de visiter Chiang Rai et Paï, deux villes au nord de Chiang Mai mais situées respectivement à l’Est et à l’Ouest. Ne sachant pas par laquelle commencer, je me suis rendu tôt à la gare routière, décidé à pendre le premier bus qui partirait pour l’une de ces deux villes. Je me suis finalement retrouvé dans un minibus à destination de Paï. Une fois sorti de la ville, nous avons emprunté une route sinuant au travers des montagnes et encadrée de paysages magnifiques. Trois heures plus tard, j’étais arrivé à Paï.

On m’avait décrit la ville comme une citée hippie, et encore une fois j’ai été sacrément déçu. J’avais l’impression d’être à Koh Chang avec de petites montagnes remplaçant la mer. Les rues du petit centre ville étaient remplies de guest house, de restaurants et de touristes. N’ayant pas réservé de chambre, j’ai interpelé un touriste qui avait l’air sympa (ce n’est pas si évident que ça à trouver car beaucoup de touristes font la tête...) afin d’obtenir quelques renseignements sur guest houses sympas et pas chères. Coup de chance, il avait l’air de bien connaître la ville et il m’a indiqué deux adresses se situant de l’autre côté de la rivière. La première avait l’air d’être très agréable et surtout pas chère, mais elle était complète. Je me suis rendu à la seconde, composée de petits bungalows en bambou tressé installés en cercle autour d’un ravissant jardin et j’y ai pris le dernier bungalow de disponible.

La visite de la ville fut rapide car il n’y avait rien à voir. Je pense que pour apprécier Paï, il m’aurait fallu louer un scooter pour une journée et me balader dans les environs. Cependant, je m’y suis refusé car j’imaginais des hordes de touristes en scooter sur les routes. Je crois que c’est à ce moment là que je suis arrivé à saturation de la Thaïlande et que j’ai pris la décision de partir dès que possible pour le Laos.

De retour à mon bungalow (ça fait bien plus classe que guest house !), je me suis confortablement installé dans mon hamac pour lire et écrire. Dans la soirée, je suis reparti en ville pour dîner. Plutôt que de rester dans le centre et d’aller dans un restaurant rempli de touristes, j’ai marché pendant un bon kilomètre avant de trouver un petit restaurant local où j’ai pu savourer la meilleure soupe de nouilles au porc que j’avais pu manger en Thaïlande. Dix jours après, au moment où j’écris ces quelques lignes, j’en salive encore rien qu’en y pensant ! De retour dans le centre, je me suis attardé à un bar dans lequel j’ai pu écouter un couple de musiciens occidentaux interpréter quelques ballades. La douce voix de la chanteuse se mêlait à la perfection avec la musique du guitariste.

Réveillé à six heures le lendemain matin, j’ai rapidement pris une douche et fait mon sac avant de filer vers la petite gare routière. J’ai pu y prendre le premier minibus partant à sept heures et trois heures plus tard, j’étais de retour à Chiang Mai. J’y ai retrouvé Sanne et un couple de ses amis, Leonieke et Robert. Après un déjeuner dans un restaurant local, nous avons pris un taxi collectif pour rejoindre Doi Suthep, un temple situé sur une colline à une trentaine de minutes du centre de Chiang Mai. Il nous a fallu gravir 306 marches avant d’arriver au temple. Un énorme stupa doré trônait à l’intérieur d’une enceinte. Toute une foule de touristes et de locaux fourmillait dans le temple, des centaines de paires de tongs attendant patiemment le retour de leur propriétaire devant le porche. Des dizaines de clochettes dorées de différentes tailles pendaient accrochées aux avant-toits à l’intérieure de l’enceinte. L’endroit brillait de mille feux sous le soleil.

De retour dans le centre ville, j’ai réalisé que les hollandais étaient un peuple de « ventres-à-pattes ». Il était à peine cinq heures et ils avaient déjà faim !!!! Je les ai guidés à travers la ville pour nous rendre au marché de nuit afin de trouver un restaurant japonais. Une fois qu’ils avaient avalés quelques plateaux de sushis et pour ma part, un bol de ramen, nous sommes rentrés tranquillement à leur hôtel après avoir fait une courte étape dans une superette pour acheter quelques bières. Plus tard, après avoir épuisé les bières (et qu’ils aient engloutis quelques paquets de chips) tout en jouant aux cartes, nous nous sommes rendus dans un bar boire un dernier verre et prendre toute une série de photos floues. Ce fut très certainement la meilleure soirée que j’ai passé en Thaïlande.

Posté par ti-fred
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