blog de ti-Fred

Nimh Binh et ses alentours...

Le 05/02/13, 16:04

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Mardi 5 et mercredi 6 février

Le propriétaire de l’hôtel me l’avait annoncé, les nuages avaient pris le large pendant la nuit et la journée s’annonçait splendide. N’ayant pas trouvé de guide de voyage récent sur le Vietnam, je me suis informé auprès de mon hôte sur les curiosités touristiques locales. Après quelques explications autour d’une copie de carte manuscrite dégotée derrière son comptoir, j’ai enfourché un scooter à destination de Tam Coc, un petit village situé à sept kilomètres de là. Le plan était plus qu’approximatif, pas à l’échelle et très mal orienté mais le chemin pour s’y rendre n’était pas très compliqué, aussi je suis arrivé à bon port. Et c’est peu de le dire : Tam Toc est le point de départ pour une ballade en barque au cœur d’un lieu très justement surnommé « la Baie d’Along des terres ».

Installé dans une barque en alu de la taille d’un optimiste, ma guide et rameuse m’emmène sur les flots. Des canaux d’eaux stagnantes serpentent entre d’abruptes parois rocheuses hautes quelques centaines de mètres et parsemées d’arbustes. Entre les deux, de jeunes plants barbotent dans des rizières parfaitement entretenues. Quelques pécheurs posent ou relèvent leurs casiers et filets. Le paysage est somptueux et à ce moment-là j’avais l’impression d’être sur une autre planète !

Pour seuls bruits je n’avais que le clapot de l’eau sur l’avant de la barque en alu, le floc-floc inlassable des avirons dans l’eau et leur grincement contre les tolets. Au sujet, des avirons, la particularité locale est de les manœuvrer... avec les pieds !!! La rameuse est assise à l’arrière de l’embarcation est actionne les godilles tel une cycliste dont les pédales seraient très éloignées du cadre de son vélo. Lors des passages difficiles tels que les ponts ou les cavernes, les rames sont manœuvrées à la main (pléonasme nécessaire !).

Un moyen de transport original dans un univers spectaculaire, la journée commençait très bien !

Après un excellent déjeuner dans un petit restaurant dont la propriétaire-cuisinière-serveuse parlait français, je suis parti faire une promenade digestive au milieu des rizières. Des groupes de femmes plantaient des pousses de riz d’une quinzaine de centimètres de hauteur, le corps enfoncé dans la boue jusqu’aux genoux tandis que quelques hommes circulaient à vélo, en scooter ou tirant des chariots chargés de matériel de pêche.

De retour dans le bourg, j’ai ré-enfourché mon destrier pour me visiter deux petites pagodes situées non loin de là. Puis j’ai entrepris de me rendre à une énorme et récente pagode en empruntant une piste terreuse située en majeure partie sur une digue et traversant quelques petits villages. Sur le plan, la piste ne paraissait pas longue, en pratique c’était autre chose ! Cependant le paysage était encore une fois magnifique, heureusement car je ne pouvais pas rouler vite et j’ai eu tout le loisir de le contempler, tout en veillant à éviter les quelques trous parsemant ma route !

Enfin arrivé au terme de la piste, alors que je consultais la carte, un scooter arrivant de la route principale s’est arrêté à ma hauteur. Le conducteur, un vietnamien de Ninh Binh conduisait une touriste française à la grande pagode. Nous avons donc fait la route et la visite ensemble. Le site religieux, à peine fini, est un ensemble de bâtiments imbriqués tels une succession de muraille d’une citadelle. Tout y est immense, des monuments aux espaces verts en passant par les statues de Bouddha. Il me semble qu’il nous a fallu plus d’une demi-heure pour nous rendre du gigantesque portail d’entrée au cœur du sanctuaire. Là, quelques fidèles se recueillent devant trois colossales représentations dorées du Bouddha.

Une fois sortis, j’ai quitté mes compagnons d’un instant pour rentrer à l’hôtel. Le plan n’étant pas très fidèle à la réalité, j’ai dû me faire indiquer la route à plusieurs reprises, constatant avec regrets que ma prononciation de la langue vietnamienne était pitoyable. Arrivé tant bien que mal, j’ai consulté ma messagerie et j’y ai découvert un mot de Nico m’annonçant qu’il arrivait le lendemain à Ho Chi Minh !!! Me sachant loin de l’ancienne capitale du Sud-Vietnam, j’ai descendu les marches de l’escalier quatre-à-quatre afin de me renseigner auprès de mon hôte des possibilités de transport pour rejoindre Ho Chi Minh (HCM City ou Saïgon) le plus rapidement possible. Il était 18h30 et j’espérais pouvoir partir au plus tôt ! Il m’a informé que les bus mettaient beaucoup de temps, qu’une bonne partie des routes étaient en mauvais état, que la circulation était dangereuse et m’a donc conseillé de prendre le train tout en m’avisant qu’il me faudrait de trente-cinq à quarante heures pour rejoindre Saïgon. Après l’avoir chaleureusement remercié, j’ai à nouveau sauté sur le scooter pour foncer à la gare. Enfin, foncer, c’est un bien grand mot ! Alors que la circulation en ville est chaotique la journée, elle est bien pire que ça en soirée ! Je suis arrivé, non sans quelques frayeurs, en un seul morceau à la gare et à mon grand soulagement l’unique guichet était encore ouvert. Après avoir patienté un bon moment, j’ai enfin pu y accéder. Malheureusement, tous les trains étaient plein jusqu’au lendemain après-midi et je n’ai pu qu’acheter une place en troisième classe, c’est-à-dire sans couchette et sans climatisation pour le train du lendemain à 17h. En effet, à quelques jours du Têt, de nombreux vietnamiens partent retrouver leurs familles et tous les moyens de transports sont pleins à craquer.

Ce n’est qu’une fois arrivé à l’hôtel que j’ai réalisé que j’allais passer trente-six heures sur un siège en bois... Chose que je me suis empressé d’oublier pour éviter d’altérer les derniers moments à passer ici. La bonne nouvelle c’est que Sarah et Raymond arrivaient le lendemain midi à Ninh Binh, et tout en sachant que je ne les verrais qu’un court instant, j’attendais ce moment avec impatience.

Le lendemain, après un copieux petit déjeuner, je suis parti en direction d’un énigmatique village flottant indiqué sur mon plan. Le ciel étant clair et la température des plus agréables, c’était un réel plaisir de rouler. Heureusement car la carte m’a joué un nouveau tour ! Tout en me conformant aux indications, bien que plein de doutes, je me suis engagé sur une large digue s’enfonçant dans les rizières parsemées de quelques rochers abruptes. Au bout d’une demi-heure, sans croiser âme-qui-vive, les questions furent nombreuses dans ma tête : Ai-je pris la bonne route ? devrai-je faire demi-tour ? ... ?

J’ai pris la décision de continuer et au bout de trente minutes supplémentaires, je suis enfin arrivé au village flottant. Je peux vous assurer que passer une heure, en scooter, sur une digue au milieu de nulle-part, ça fait tout drôle !!! Cela dit, je n’étais pas au bout de mes surprises car le village flottant était tout sauf ce à quoi je m’attendais. Je pensais y voir des maisons en bambou flottant sur des bidons, en je me suis retrouvé au milieu d’un petit village constitué, d’une part, de maisons construites sur la terre ferme en brique et béton et, d’autre part, par une centaine d’énormes péniches accueillant des familles au grand complet. J’étais également étonné du peu d’activité régnant dans ce village, mais, en errant dans les étroites ruelles, je suis tombé sur deux mariages ou plus de deux cent personnes étaient attablées.

Sur le chemin du retour, je me suis arrêté visiter deux pagodes, dont l’une plus grosse avait la particularité d’être construite au flanc d’une petite montagne et d’utiliser les cavités naturelles de celle-ci. Une fois à Ninh Binh, je me suis arrêté dans un magasin de téléphonie et d’informatique acheter une barrette de mémoire pour mon notebook qui peinait sérieusement lors de l’utilisation du logiciel de retouches photos. Sarah et Raymond étant en train de prendre une douche salutaire après leur trajet en provenance de Thanh Hoa, je me suis installé dans la salle du restaurant pour y entamer, les mains un peu tremblantes, une opération à cœur ouvert de mon ordinateur. C’est très pratique un notebook, mais il ne faut avoir à le démonter ! Mes amis m’ont rejoint alors que je refermais la bête après fièrement réussi le remplacement de la mémoire. Les retrouvailles furent chaleureuses et nous nous sommes empresser de raconter nos expériences transfrontalières respectives avant de partir nous promener en ville.

Le marché couvert de Ninh Bin est très grand et comme dans l’ensemble des marchés asiatiques, on y trouve absolument de tout. J’en ai profité pour acheter quelques épices et surtout des filtres à café vietnamiens. A l’extérieur, attirés par une alléchante odeur, nous sommes tombés sur un stand qui vendait des copeaux de noix de coco cuits. Les noix étaient pelées et ouvertes afin d’extraire de la chair de fines lamelles qui étaient plongés dans un bain bouillonnant de sirop de lait de coco et de sucre. C’était excellent et nous en avons acheté cinq cent grammes chacun !

En rentrant à l’hôtel afin que je récupère mon sac, nous avons achetés de longs nems dans un snack. C’était la première fois que nous en trouvions alors nous nous sommes empressés de les déguster au risque de nous bruler tant ils étaient chauds. L’heure de mon départ approchait, aussi nous sommes rentrés hâtivement, puis après de brefs adieux et la promesse de nous retrouver quelques semaines plus tard, je me suis rapidement dirigé vers la gare...

Voir les photos : Viêt Nam - Ninh Binh ]

Posté par ti-fred

De Thanh Hoa à Ninh Binh

Le 04/02/13, 15:59

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Lundi 4 février 2013

Après une excellente nuit, bien méritée après le périple transfrontalier de la veille, je suis parti faire un petit tour aux alentours de l’hôtel. J’avais rendez-vous avec l’italien en milieu de matinée afin de petit-déjeuner avant de faire route commune à destination de Ninh Binh. Le temps était lourd et les rues relativement calmes en cette heure matinale. Les bâtiments et les habitations relativement modernes me rappelaient la Thaïlande. Les familles sortaient manger un phò, la soupe de nouilles de riz nationale, avant d’accompagner les enfants à l’école et de se rendre au travail. C’est dans une petite boutique que j’ai fait une découverte qui allait bouleverser mes papilles gustatives : le café vietnamien ! D’un goût légèrement sucré et chocolaté, il infuse doucement au travers un ingénieux filtre en inox posé sur la tasse. Les vietnamiens en consomment de grandes quantités aussi bien chaud, que servi froid dans un grand verre avec du sucre et des glaçons.

Dans la rue, des groupes d’hommes agglutinés devant de petits stands de thé ou café, installés à même le trottoir, bavardaient tout en faisant circuler entre eux une à deux pipes à eau en bambou. Curieux, je me suis installé à l’un de ces stands pour y boire un thé. Après avoir échangé quelques mots, non sans difficulté, avec les personnes présentes, je me suis vu présenter la fameuse pipe à eau. N’étant pas assuré du fait qu’elle ne contenait que du tabac, j’ai préféré m’abstenir !

De retour à l’hôtel, j’ai retrouvé mon compagnon de transport puis nous sommes partis à la recherche d’un distributeur de billet et d’un endroit où avaler un petit déjeuner consistant. Nos deux objectifs furent difficiles à atteindre ! Pour commencer, une bonne averse s’était mise à tomber et nous fûmes rapidement mouillés, ensuite, la grosse majorité des distributeurs n’acceptaient pas les cartes étrangères ou ne délivraient que de faibles montants. Une fois les précieux Dongs récupérés, nous nous sommes mis en quête d’un endroit pour prendre un petit déjeuner. Là encore, ce ne fût pas une mince affaire. Than Hoa n’étant pas une ville touristique, nous n’avons pu trouver de restaurant pour y savourer un petit déjeuner « occidental » et nous avons dû nous contenter d’un sandwich au pâté et d’un yaourt attablés dans un snack de centre commercial.

La pluie venait de cesser lorsque nous avons rejoint la gare routière d’un coup de taxi. Nous y avons acheté nos billets et sauté dans le premier bus qui transitait par Ninh Binh et peu de temps après nous sommes partis. L’essentiel du trajet, d’environ une heure trente, s’est déroulée à grand renfort de coups de klaxons sur le principal axe routier du pays : une deux fois deux voies surchargée reliant le nord au sud. Les bus, les camions, les voitures, les vélos et surtout une quantité phénoménale de scooters circulaient chaotiquement sur une route parfois défoncée. Bon, rien à voir de ce côté-là avec ce que j’ai pu vivre en Inde... Il faut relativiser !! Par contre, le gros point commun, c’était la manière dont se débrouillait l’équipage pour remplir son bus : Lorsque le conducteur apercevait des clients potentiels, il s’arrêtait et son assistant courrait vers eux pour proposer de les embarquer. Il était très fréquent que lorsque la négociation tarifaire échoue, l’assistant cherche à embarquer les gens de force en les poussant et les tirant sans aucun ménagement ou en embarquant leurs bagages !!! Parfois le cinéma pouvait durer une dizaine de minutes et très souvent la méthode était efficace, aussi surprenant que cela puisse paraître !

Une fois débarqués du bus, alors que nous nous dirigions vers un hôtel conseillé par le lonely planet de mon compagnon de voyage, un vietnamien transportant un touriste sur son scooter nous a interpelés. Il s’avérait être propriétaire d’un hôtel situé à quelques centaines de mètres de là et nous proposait des chambres aux tarifs assez intéressant par rapport à celui indiqué sur le guide. Après une courte concertation en franglais avec l’Italien, nous avons pris la décision de nous séparer, lui pour s’installer dans l’hôtel prévu, et moi dans l’hôtel proposé. Celle-ci s’est avérée très bien et je m’y suis donc confortablement installé. Après un rapide repas au restaurant de l’hôtel, dont les tarifs étaient nettement moins avantageux que ceux des chambres, le temps étant à la pluie, j’ai passé le reste de la journée à trier mes photos et à lire l’actualité sur internet.

Dans la soirée, j’ai reçu un message de Nico, un excellent ami testerin qui se trouvait en Australie depuis quelques mois m’annonçant qu’il pensait me rejoindre à Ho Chi Minh dans les prochains jours.

Posté par ti-fred

Du Laos au Vietnam, un voyage... interminable!

Le 03/02/13, 13:09

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Comment vous raconter le voyage.... que dire, ce périple, cette épopée!
Bref, ce fut marrant, à condition de prendre ça avec humour comme je l'ai fait, et pas en râlant comme le couple d'israélien que j'ai eu e """""bonheur""""" d'avoir derrière moi! Je me suis rendu à la gare routière principale vers 6h30 d’un coup de tuk-tuk, le guichet n'était pas encore ouvert mais il a ouvert peu de temps après mon arrivée. Le bus étant presque vide, j’ai pu choisir la seule place me permettant d’étendre mes longues jambes : celle située juste devant la porte.... Quelle erreur (mais vous saurez pourquoi un peu plus loin Wink ) !

Nous avons fait trois fois le tour de la ville pour ramasser trois fois plus de vietnamiens que le bus ne pouvait en contenir et charger au moins deux tonnes d'affaires sur la galerie. Les festivités du nouvel an vietnamien (le Têt) devaient commencer dans moins d’une semaine et ils étaient très nombreux à rentrer dans leurs familles pour les vacances. Le bus a finalement quitté Sam Neua à 10h30 (oui oui, 3h après avoir quitté la gare routière principale).

Sur la route, nous avons fait halte à Vieng Xai. Là je ne pensais pas qu'ils pouvaient mettre plus de monde à l'intérieur du bus, mais je me suis trompé.... Le bus a quitté Vieng Xai vers 11h30 pour arriver à la frontière une heure plus tard.

Le poste frontière Laotien étant fermé pendant la pause repas des officiers, il nous a fallu attendre une heure de plus. Une fois le bureau de l’immigration ouvert, ce fut un sacré bazar car tout le monde se pressait contre le guichet pour tenter de jeter à travers la petite ouverture passeport et formulaires de sortie. Par chance, les officiers ont traité les passeports étrangers en premier ce qui nous a permis de nous rendre en premier au bureau de l’immigration vietnamien. Le passage de la frontière laotienne à la frontière vietnamienne s'est fait à pied car le bus a traversé dès qu'il a pu pour aller changer un pneu qui était crevé depuis le départ.

Arrivé au poste vietnamien, les formalités furent plus rapides car, de côté-ci de la frontière, ils possèdent des ordinateurs ! Le bus s’étant avancé jusqu’au village voisin, j’en ai fait de même et après avoir fait un rapide petit tour et profité de l’occasion pour me procurer quelques Dongs (la monnaie locale), j’ai rejoins le chauffeur qui m’a embarqué pour rejoindre le poste frontière. Là, les officiers des douanes ont fait descendre tous les sacs, cartons et paquets présents dans et sur le bus afin de les fouiller de façon plus ou moins minutieuse (en fonction du pot-de-vin fourni !). Je n’étais pas inquiet au sujet de mes bagages, mais je n’ai pas trouvé très marrant le fait d’avoir à vider mes deux sacs au milieu de tout ce monde...

Une fois les fouilles effectuées et les affaires chargées dans le bus, nous avons rembarqué dans celui-ci et là je pensais qu'on allait enfin se remettre en route pour de bon... quelle douce illusion! Nous nous sommes arrêtés 400m plus loin pour que tout le monde mange... A ce moment là, il était.... 15H30!!! Après trois-quarts d’heure, le bus a enfin redémarré.

Je n’avais pas trouvé la route terrible jusque là, côté vietnamien : c'était PIRE!!!

J'ai voyagé la majeure partie du voyage avec les pieds à moitiés écrasés et avec soit un des assistants du chauffeur sur les genoux ou en train de dormir à moitié couché sur moi, soit avec une vietnamienne qui, à défaut d'être joli, pesait son poids!

Nous sommes finalement arrivés à Thanh Hoa à 21h45 (oui oui, vous comptez bien, ça fait 14h15 de trajet!). J'avais la banane car j'ai passé mon temps à rigoler avec la moitié des vietnamiens du bus (et à me payer intérieurement la tête des israéliens qui râlaient en permanence derrière moi...)

Je suis parti avec un Italien d’une petite cinquantaine d’années que nous avions vu la veille à Vieng Xai pour rejoindre un hôtel que nous avions repéré dans son Lonely Planet. Une fois les sacs déposés, nous nous sommes jetés, totalement affamés, sur le premier restaurant de rue pour avaler une bière et une soupe de nouille. Je peux vous assurer que je n’ai pas eu de mal à trouver le sommeil ce soir là !

Posté par ti-fred

Vieng Xaï

Le 02/02/13, 8:46

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Ce matin là, nous avions programmé la visite de Vieng Xai, une petite ville située à une trentaine de kilomètres de Sam Neua. La veille, nous étions passés à une boutique de location de scooters afin de nous renseigner sur les tarifs et sur l’heure d’ouverture. Comme ils nous avaient annoncé sept heures, nous nous sommes levés tôt mais finalement, nous avons poireauté trois quarts d’heure devant l’échoppe... Après près d’un mois au Laos, nous devrions savoir que les laotiens sont très approximatifs ! Et bien non, on se fait encore avoir !!

Les scooters, de fabrication chinoise, étaient en piteux état. Mais à défaut de mieux, nous avons dû nous en contenter. Après un rapide arrêt au stand pour faire le ravitaillement en carburant (environ 1,10€ le litre d’essence, une fortune pour les laotiens !), nous nous sommes aventurés sur la route menant à l’ancienne capitale du Pathet Lao. La route étroite sinuait à flanc de montagne, parsemée de trous et bordée de sable et de gravier. Bref, ce ne fut pas une partie de plaisir, surtout dans les moments ou un pickup ou un bus nous déboulait dessus dans le sens inverse !

A un embranchement auquel nous devions prendre à droite, Sarah et Raymond, qui me précédaient, ont foncé tout droit. Je m’étais arrêté un instant en espérant qu’ils s’aperçoivent de mon absence et qu’ils fassent demi-tour, mais ils s’étaient échappés et j’ai dû me lancer derrière eux ! Malgré une course poursuite d’une dizaine de kilomètres, je n’ai pas réussi à les rattraper. Chemin faisant, je me suis arrêté pour demander à un groupe de laotiens travaillant au bord de la route s’ils avaient vu passer deux « falang » (étrangers en Lao). C’est en rigolant qu’ils ont répondu par la négative à ma question plutôt singulière car rares sont les touristes qui doivent s’hasarder sur cette route menant à un poste frontière uniquement réservé aux laotiens et aux vietnamiens. Je me suis donc résigné à faire demi-tour pour rendre à Vieng Xai tout en espérant retrouver mes deux amis !

Arrivé à destination, je me suis fait balader aux quatre coins de la ville avant de trouver le bâtiment d’où partent les visites pour les grottes ayant abrité de nombreux Laotiens pendant la guerre civile du Laos et la guerre du Vietnam. J’avais à peine coupé le contact de mon scooter que Sarah et Raymond franchirent le portail. Nous avons eu à peine le temps de sortir nos casques que le guide nous embarquait à l’accueil pour prendre nos tickets car la visite commençait immédiatement.

Bon, ça fait deux fois que je vous parle du Pathet Lao sans vous expliquer ce que c’est. Les plus curieux-ses auront déjà fait une recherche sur wikipédia et peuvent d’ores et déjà sauter ce paragraphe. Il en va de même pour celles et ceux que l’histoire n’intéresse pas ! Le Pathet Lao (Pays des Laos en français) était une organisation politique et paramilitaire d’obédience communiste, créée en 1950, qui a mené la révolution et une guerre civile afin d’obtenir l’indépendance du Laos (en expulsant les français) et la mise en place d’un régime marxiste (alors royaliste). En 1963, une vague de répression politique et d’assassinats poussèrent les dirigeants du Pathet Lao à se réfugier dans les grottes environnant Vieng Xaï. Le Viet Minh (parti communiste nord vietnamien) et le Pathet Lao entretenaient d’étroits liens d’amitiés et de solidarité. Pendant la guerre du Vietnam, le Viet Minh fournit arme et provisions au Pathet Lao lui permettant de mener à bien la guerre civile. En échange, ce dernier lui assurait un soutient logistique en acheminant des produits identiques sur la portion de la piste Ho Chi Minh se trouvant au Laos.

L’armée américaine bombarda quotidiennement la région de Vieng Xaï pendant plus de dix ans obligeant environ 23000 personnes à se réfugier dans un réseau constitué de plus de 450 cavernes. Pendant ces dix années, la vie s’organisa et les grottes abritèrent imprimeries, hôpitaux, écoles, marchés, casernes, cinémas et même une usine métallurgique. Notre visite de deux heures nous a permis de découvrir une petite partie de ce vaste et étonnant complexe.

Après un excellent repas indien constitué d’un curry de pommes de terre, d’un curry de lentilles et de chapatis, nous avons à nouveau enfourché nos scooters pour nous rendre à une magnifique cascade que nous avions entraperçut non loin de la (mauvaise) route. Un groupe d’hommes coupaient d’immenses bambous pendant que les femmes les transformaient en fines lamelles prêtes à être tressées. Il nous a fallu traverser quelques rizières et suivre un chemin entouré d’une forêt de bambous pour rejoindre la cascade haute d’une trentaine de mètres et constituée de trois paliers. Nous n’avons malheureusement pas pu nous y attarder car l’heure était déjà avancée et nous tenions à rentrer avant la nuit. Sur la route du retour, nous nous sommes arrêtés brièvement dans quelques villages pour visiter une grotte, un temple et regarder des femmes tisser.

Ce fut ma dernière journée de ce premier séjour au Laos avant de me diriger au Vietnam ! Le voyage, épique, fera l’objet d’un récit détaillé sous peu Wink

Voir les photos : Laos - Ban Nakai ]

Posté par ti-fred

De Luang Prabang à Sam Neua

Le 01/02/13, 11:35

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Du mercredi 30 au vendredi 1er février

Après un réveil très matinal et une bonne trentaine de minute de marche dans la pseudo fraîcheur matinale pour me rendre à la gare routière, j’ai embarqué dans un minibus à destination de Khiaw, anciennement appelée Muang Ngoï. Le Lonely Planet annonçait quatre heures de trajet et c’est donc avec une grande surprise que je suis arrivé à destination en seulement deux heures et demi. Après deux kilomètre de marche, je me suis trouvé un ravissant petit bungalow en bordure de la rivière Nam Ou.

J’avais prévu d’y séjourner deux nuits et de profiter de la journée du lendemain pour faire l’aller retour d’un coup de bateau dans un village inaccessible par la route. Renseignements pris, j’ai du revoir ma copie car un seul bateau s’y rend par jour à 14h et le retour à lieu à 9h, à condition qu’il y ait assez de passagers. Mon visa expirant sous peu, je n’avais pas vraiment envie de me retrouver coincé plusieurs jours et de devoir payer une extension de mon visa.

J’ai profité du reste de l’après midi pour visiter la petite ville. Le ciel se couvrait sérieusement et j’ai donc décidé de m’en retourner à mon bungalow pour y lire tranquillement (1984 de George Orwell) avant de ressortir pour acheter quelques brochettes dans la rue pour mon dîner. Je fus réveillé à trois heures du matin par une pluie torrentielle. A part quelques gouttes éparses reçues à Don Khon, je n’avais pas vu la pluie depuis mon départ de France. Je me suis donc levé pour profiter de ce qui ressemblait à l’idée que je me faisais d’une averse tropicale, bien abrité sur la terrasse de mon bungalow. L’ « averse » a duré jusqu’à 8h30, heure à laquelle je me suis décidé de risquer une nouvelle traversée de la ville à pied afin de rejoindre la gare routière.

J’avais espéré qu’un minibus partirait en début de matinée pour ma prochaine destination, Vieng Thong, mais je m’étais fourré le doigt dans l’œil jusqu’au coude et j’ai du attendre un bus en provenance de Luang Prabang censé arrivé entre 11h30 et midi. Je me suis donc installé sur un banc pour écrire mon blog pendant deux heures sous les regards ébahis des chauffeurs de bus et de touc-touc.

Le bus est arrivé dans la fourchette prévue, chose assez rarement évidente en asie et je suis arrivé quatre heures et demi plus tard, après m’être fait bien secouer, à Vieng Thong, un village à mi-chemin entre Nong Khiaw et Sam Neua. Après une courte promenade dans le village, je me suis à nouveau arrêté pour assister à une partie de pétang disputé en équipe de trois joueurs. Je me suis fait accueillir par de grands sourires et surtout par deux verres de Lao Lao que j’ai du avaler cul-sec ! Heureusement que j’avais grignoté quelques cookies juste avant ! Je suis allé dîner en compagnie d’un sexagénaire allemand rencontré dans le bus. Il voyageait pendant deux mois au Laos effectuant l’essentiel de ses déplacements à vélo. Je me suis trouvé bien ridicule avec mon énorme sac à dos alors qu’il voyage avec deux minuscules sacoches !

Le lendemain matin, le réveil fut difficile. Le bus devant partir à sept heures, je me suis levé à cinq heures et demi afin d’avoir le temps de prendre une douche et un petit déjeuner à la gare routière. Après avoir avalé un café et quelques biscuits, on m’a annoncé que le bus partirait à huit heures.... J’aurais bien dormi une heure de plus mais je me suis consolé en me disant qu’il valait mieux ça que l’inverse ! En attendant le départ, j’ai rencontré Sarah et Raymond, un couple Belge et Suisse de 27 ans voyageant pour un plus d’un an en Asie, avec qui j’ai rapidement sympathisé ! Les paysages durant le trajet étaient splendides et si je n’avais pas eu un couple d’israéliens ronchons derrières moi, le voyage aurait pu être agréable.

Nous sommes arrivés en début d’après-midi à Sam Neua. Sarah, Raymond et moi avons rapidement trouvé un hôtel, puis, après y avoir déposé nos sacs, nous nous sommes dirigés vers le marché couvert flambant neuf afin d’y déjeuner. Nous avons ensuite fait un rapide tour de la ville, mais il n’y avait absolument rien à voir et pas grand-chose à faire non plus. Le soir venu, nous nous sommes laissé tenter par un restaurant faisant d’apparentes délicieuses grillades de porc. L’odeur était alléchante, c’était bon, mais très frugal, heureusement, nous avons pu caler nos estomacs par quelques BeerLao, la bière nationale.

Voir les photos : Laos - Sam Neua ]

Posté par ti-fred
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