Petit bonhomme de chemin

Jour 68

Le 07/09/11, 22:49

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Vers 17h30, j’éteins mon ordinateur pour me rendre à mon rendez-vous avec Carlos, un Péruvien qui a vu notre annonce de recherche de volontaire et veut nous aider dans notre travail de marketing. Il n’est pas vraiment le volontaire-type que nous recherchons et je n’attends pas grand-chose de cette réunion. Mais on ne sait jamais... Nous devons nous retrouver dans le restaurant italien où il travaille sur la Plaza de Armas. Arrivée sur place, je me rends compte que l’établissement est tout ce qui a de plus chic et que Carlos est loin d’être le petit pizzaiolo du coin. Il est gérant commercial de « Sabores Peruanos » à Cusco, un groupe de restaurants très prisés. Il a également travaillé plusieurs années à la Casa Andina, un établissement de renom. Sans le savoir, j’ai donc ferré un gros poisson. Carlos est un professionnel qui sait de quoi il parle. Si cette rencontre est tout à fait fortuite, je m’enorgueillis d’avoir cette prestigieuse carte de visite parmi mon réseau de contacts qui commence à s’étoffer peu à peu. Et puis il est vrai que ses conseils seront tout sauf superflus. Même si Erland et moi mettons tout notre cœur au travail, au niveau du marketing, pour l’instant, il nous manque une touche de professionnalisme.

C’est donc très satisfaite de mon premier rendez-vous de la soirée que je me rends au Real McCoy pour le pub quizz organisé par «las chicas dinamicas ». Venues directement des Etats-Unis, ces « Jeunes Filles Dynamiques » proposent des activités sportives à des petites filles issues de milieux défavorisés pour promouvoir leur développement personnel. Tout comme moi, elles sont volontaires mais, honnêtement, je préfère de loin ma situation à la leur. Elles sont toutes jeunes, ne sont que deux dans leur association et surtout, elles ne travaillent avec aucun partenaire local. Ce dernier petit détail ne semble en rien les déranger et ne mine pas leur enthousiasme débordant mais moi à leur place, cela me poserait question.

Notre équipe, auto-proclamée « les Couch Surfers », se compose de 6 membres : Diana, Pierre, Pablo, Anabel, un Américain dont j’ai oublié le prénom et moi-même. Et force est d’admettre que nous sommes plutôt bons. Nous l’emportons haut la main. Certes, nous trichons à l’épreuve du Blind test en utilisant l’application de reconnaissance musicale de l’Iphone de Pablo, mais après avoir analysé les scores, nous remarquons que de toute façon nous aurions gagné sans ce petit support technologique. Le prix n’est autre qu’une bouteille de vin rouge à consommer sur place. Nous nous attardons donc quelque peu au pub.

Nous sympathisons un peu plus avec les organisatrices de l’évènement. Magdalena, une Couch surfeuse polonaise nous rejoint. Le vin aidant, la conversation commence à faire place à quelques mauvaises idées. Lya veut me convaincre d’aller faire avec elle le marathon de Lima. Pablo, quant à lui, émet l’idée de rédiger un guide du Cusco pirate, soit un guide pour visiter Cusco sans rien payer. Je sais déjà comment faire pour entrer en fraude à Moray. Magdalena connait un moyen pour voir le Machu Picchu sans débourser un sole. Ce plan consiste notamment en la traversée d’un cours d’eau à la nage de nuit. Rien de bien exceptionnel... Nous avons également droit à une nouvelle perle de notre cher ami Pierre qui n’hésite pas à comparer la situation politique belge à ce qui se passe en Israël. J’en reste sans voix... Il y a aussi un serveur québécois assez sympa mais avec un accent à couper au couteau. C’est incroyable, je le comprends mieux en anglais ou en espagnol qu’en français.

Il est déjà 23h30 lorsque nous quittons le Real McCoy mais j’avais promis à Yann, le petit Français que j’avais rencontré au barbecue chez Caroline et Juan Carlos, de faire un tour à l’Indigo bar pour la rencontre hebdomadaire du Couch Surfing. Comme ce n’est pas mon genre de m’engager à la légère, je convaincs Anabel et Magdalena de faire une brève apparition à la réunion. Il est déjà tard, le comité à cette heure est assez restreint et Yann n’est déjà plus là. Les derniers rescapés sont pris par le suspens d’une immense partie de Jenga. Parmi eux, il y a un certain Lucho, Péruvien originaire d’Arequipa avec qui je sympathise.

Vers 0h30, Anabel et moi estimons qu’il est grand temps de rentrer car nous travaillons lendemain. Mais c’est sans compter sur les talents de persuasion de Magdalena qui est bien décidée à poursuivre la soirée à danser et nous entraine à la suivre au Groove, une boite à touristes. Enfin, pas uniquement réservée aux touristes, il y a aussi pas mal de « bricheros ». Le terme brichero ou bridgero vient de l’anglais « bridge », car, à leur manière, ces jeunes hommes tentent de construire un pont censé leur permettre de rejoindre les pays du Nord. Et cela se fait aux dépens de gringas un peu naïves qui s’amourachent de ces « serial lovers » aux techniques d’approches des moins discrètes. Personnellement, je ne suis pas tout à fait à l’aise dans cette faune et ne sais pas trop comment gérer mon « succès » auprès de tous ces prétendants plus collants les uns que les autres. Magdalena, elle, semble comme un poisson dans l'eau. Tout en gardant bonne humeur et sang-froid, elle les repousse un à un. Evidemment, cinq minutes plus tard, ils retentent à nouveau leur chance mais s’énerver de toute façon ne sert strictement à rien.

[ Voir les photos : Pérou - Cusco ]

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