Petit bonhomme de chemin

Jour 3

Le 05/07/11, 0:58

-71.972222-13.525

[align=justify]
Aujourd’hui, Aurelio m’emmène à Santa Ana, au « QG » de CENPRODIC. La maison qui abrite les bureaux de l’association est en travaux car on y aménage également des chambres pour héberger les touristes et les volontaires qui prendront part à Turural, notre projet de tourisme rural.

Ensuite, nous reprenons le 4X4 en compagnie d’Erland et Goyo. Nous allons voir la deuxième partie du circuit sillonnant le chemin inca. Ce deuxième tronçon est bien plus fréquenté par les touristes qui sont pris en charge par des grands opérateurs touristiques nationaux ou transnationaux. Comme me l’explique Aurelio, ces agences considèrent les populations paysannes comme des objets et non comme des sujets de l’activité touristique. Elles leur donne de temps à autre un petit pourboire pour pouvoir les prendre en photo mais ne les associent jamais à l’activité et encore moins à la prise de décision.

Les touristes s’intéressent notamment à Moray, un ancien centre de recherche agricole inca qui se présente sous la forme d’un amphithéâtre formé de terrasses disposées en cercles concentriques. La position de ces terrasses permet de simuler une vingtaine de microclimats différents. Le site de Moray permettait donc de prévoir les rendements agricoles dans tout l’empire mais aussi d’acclimater aux hauteurs des plantes collectées plus bas dans la vallée pour pouvoir les cultiver en montagne. En outre, ce complexe devait revêtir aussi un caractère sacré. De nous jour, des cérémonies en l’honneur de la Pacha Mama, la Mère Terre, y ont encore lieu. Erland, qui a été guide professionnel pendant de nombreuses années, m’explique tout cela de long en large. Quelle chance d’avoir son propre guide personnel.



Nous descendons ensuite à Urubamba visiter le centre ECOCAT. Il s’agit d’un centre de formation technique où les jeunes issus de milieux défavorisés reçoivent une formation en cuisine ou hôtellerie. Ce projet fait la fierté de CENPRODIC car il est en passe de devenir économiquement autonome. Les gérants de l’école ont multiplié les sources de revenus pour permettre à la structure de pouvoir voler de ses propres ailes sans aide financière extérieure. Par exemple, au vu du savoir-faire des professeurs d’ECOCAT, l’Etat péruvien vient de faire appel au centre pour dispenser des formations à des jeunes dans le cadre du programme Pro Jóven qui est essentiellement subventionné par des fonds publiques. A cette première source de revenus, s’ajoute l’organisation d’évènements pour lesquels les élèves de l’école sont mis à contribution en cuisine ou au bar.

Finalement, lorsque l’infrastructure de logement de Santa Ana sera opérative, ce seront les élèves de l’ECOCAT qui assureront le service et la cuisine au sein du restaurant. Après un bref séjour à Santa Ana (Cusco), les touristes pourront parcourir pendant quelques jours le chemin inca où les communautés locales leur fourniront des services touristiques définis et mis en places par elles-mêmes. Les touristes finiront leur périple à l’ECOCAT où une structure de logement est également en cours de développement. Ainsi, le circuit sera bouclé. Tous les projets de CENPRODIC se trouvent donc interconnectés. C’est à mes yeux une des forces du travail de l’ONG. Un autre point intéressant est qu’à chaque étape du projet les impacts négatifs du tourisme sont pris en compte, notamment les impacts sur l’environnement et en particulier sur les ressources hydriques.

[ Voir les photos : Pérou - Cusco ]

Scrat
Blogs de voyages - © Copyright www.enroutes.com 2021 - Contact
Referencement et création de site : www.trafimedia.fr