blog d'un Lusisien en Vadrouille

Newsletter No 12 (Good Morning Vietnam)

Le 16/04/12, 9:49

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Good morning Vietnam

Et oui, c'est à bord d'une petite embarcation typique du delta du mekong que nous nous sommes infiltrés discrètement chez les viets, une gentille république démocratique socialiste fière de son drapeau rouge et qui te confisque ton passeport dans chaque hôtel.
Nous voulions faire dans l'original en passant une frontière sur l'eau.
Un petit tour bien organisé pour découvrir la vie du delta.
A bord de notre barquette, nous sommes des spectateurs privilégies de la vie quotidienne des innombrables canaux qui irriguent toute la région.
Les maisons sont posées sur des pilotis pour compenser la crue importante du fleuve pendant la saison des pluies. Pour les plus riches, écran plat, clim et eau chaude, les pauvres se contenteront d'une ampoule au mieux et de l'eau de la rivière pour tout faire, avec de la pierre d'alun pour la purifier.
Pour notre 1ere étape à Chau Doc, nous avons droit a un orage aussi subit que violent. Des trombes d'eau et les rues se remplissent de 10 cm d'eau.
On partage ce tour avec un couple de québecquois retraités. Tabernac, c'est un régal de les faire parler ceux-la avec leur accent. Un jeune suisse qui a tout fait tout vu et une jeune photographe allemande armée d'objectifs que tu croirais des télescopes complètent ce petit groupe.
L'allemande a des faux airs d'Emmanuelle beart (jeune of course genre manon des sources).
Tour grand luxe, on a droit au petit dej, avec du pain, héritage français, pas terrible, du beurre, pas mieux et de la confiture passable. Et le fameux café viet, extra noir, extra fort. Comme on a 4000000 de dongs, on peut se le permettre.
On visitera successivement dans ce tour une ferme d'élevage de poissons, un atelier de tissage de nattes de plages, un atelier de fabrication de noodles de riz, le marche flottant de My Tho ou les bateaux arborent une pique en bambou garnie des produits qu'ils vendent, un autre atelier de fabrication de bonbons a la coco.
Nous avons une vue directe sur la vie de tous les jours des habitants du delta, pêche, lavage, cuisine, transport, et nous avons beau être le millionième bateau de touristes à passer, ils nous font coucou avec le sourire. Et c'est qu'ils sont photogéniques revêtus de ce qui sert chez nous de pyjama. Le chapeau pointu de paille fait aussi son apparation comme accessoire traditionnel. Les écoliers en uniforme sont aussi de la partie.
Bon ils sont tellement enthousiastes à nous saluer que je me demande s'ils n'auraient pas un cours d'instruction civique concernant l'accueil des étrangers ?
On aura bien appris à trinquer aussi. "Yo", ce n'est pas le diminutif d'un de mes filleuls adorés, mais le "santé" d'ici. 15 yo plus tard, notre hôte dans la maison de village ou nous faisons halte invite le trio franco-germano-suisse à aller se coucher.
Fallait pas nous donner un sachet d'alcool de riz non plus!
Okay, c'était le deuxième, il était vide et on allait attaquer ceux des autres tables parties lâchement se coucher. Hic.
On finit le tour en arrivant par bus à Saigon, oups, Ho chi minh ville, pardon oncle Ho. Chemin faisant, j'avais été frappé par la quasi absence de voitures particulières sur la route, impression confirmée à Saigon, la ville du deux roues. Pareil, tout le monde s'évite mais ici c'est très impressionnant et cela ne te donne pas envie de louer un deux roues.
Mince, comment ils vont faire plus tard vu qu'il y a 0 places de stationnement dans cette ville agréable ?
Apres le ca kho to, on goûtera au banh xeo, pancake frite huileuse fourrée à la crevette, soja et autres herbes inconnues. Pas mauvais mais c'est loin de valoir une crêpe salée bretonne.
Tiens, a ce propos, on commence à développer un syndrome "je mangerais bien ci, ça me manque", dont les symptômes sont un fort salivage devant les menus des nombreux restos français du coin, ou bien dans les rayons import des minis market. Je prépare une liste de plats pour mon retour en décembre, histoire de reprendre les 8 kilos perdus.
Bon, il valait mieux manger léger avant d'aller visiter le musée de la guerre: un peu de matériel capturé, un étage complet de propagande communiste, et deux étages remplis essentiellement de photos horribles, atrocités unilatérales commises par les méchants français et américains.
Bombardements à tout va, phosphore, napalm, agent orange, le génie humain n'a pas de limite quand il s'agit de tuer son prochain.
M. et moi échangeons nos impressions avec un fort accent belge une fois, histoire de ne pas trahir notre appartenance à une nation d'envahisseurs honnis.
Beaucoup de contrastes avec la visite des tunnels de Cu Chi, ou les guident se complaisent à vanter l'ingéniosité des vietcongs à fabriquer des pièges pour mutiler atrocement les soldats et à disparaître dans des galeries trop étroites pour "les gros culs américains et leurs M16 de pacotille", dixit notre guide s'exprimant dans un anglais correct après son passage à UCLA ! Un comble.
On retiendra de ces deux visites la bêtise humaine qui n'a pas de camp et un plaidoyer en faveur de la paix.
Apres tout cela, envie de détente, farniente et mer. Direction Mui Ne.
Pour la plage c'est raté! La houle a tout emporté dans la mer de chine, les hôtels se cramponnent à la rive a grands coups de béton ou de digues en sac de sable. En revanche, c'est le paradis du kite surfing, vent, vagues et de nombreuses propositions de stages. Avis aux amateurs, n'est-ce pas Fa!
Du coup nous sommes allés voir les immenses dunes de sable blanc et rouge travaillées par les vents.
Je vous avez dit que les cambodgiens vendaient leurs cotes au plus offrant, et bien ici c'est pire encore, les panneaux, les menus de toute une zone sont en russes, limite on doit payer en roubles.
Têtus nous sommes, on avait dit plage accueillante donc on monte à Nha Trang qui nous offre un joli front de mer et des rouleaux de plus de deux mètres que je qualifierais de...renversants, pour notre plus grand plaisir.
Nous logeons chez la mère grippe-sous, mémére ou plutôt mégère francophone ayant de forte notion de capitalisme et de rentabilité.
C'est d'ailleurs cette impression récurrente qui prédomine maintenant concernant nos "contacts" vietnamiens du secteur du tourisme. Tous les autres voyageurs rencontrés formulent aussi comme par hasard les mêmes griefs. Ces personnes sont super affables pour te vendre un truc, puis fermé comme une huître la transaction faite. Sans oublier le coté oursin si tu n'es pas preneur. Plus que partout ailleurs nous avons droit très souvent, trop souvent aux prix d'amis. La ou les indiens intervenaient spontanément pour défendre l'étranger abusé, ignorant des prix du marché, ici tu peux payer quatre fois le prix normal dans l'indifférence, ou la complaisance, générale.
Et c'est le pays le plus cher question transport et nourriture. En contrepartie, même les hôtels pas chers sont d'un bon standing, le meilleur rencontré jusqu'ici pour un prix identique.
Tant pis, on sera dans le rouge sur le budget vietnam, histoire de faire couleur locale Wink
On teste la spécialité locale de Nha Trang: j'ai nommé le bain de boue.
Eau boueuse à 40 degrés, bonne pour la peau, rinçage à l'eau minérale puis piscine a 39 degrés. Quand il fait chaud faut au moins cela.
Tiens j'ai fugacement une pensée pour ceux qui meurent de soif ou qui ont froid. J'ai honte.
Pour économiser, on prend un bus de nuit pour aller à Hue. 3 ou 4 couchettes étroites de front sur deux étages. Le bus vire sec, vibre et tressaute. Ce n'est pas notre première nuit en bus aussi on commence à fatiguer. Chance, on n'est pas radin sur l'activité sieste!
On passe la passe de la mer de nuages, sommet mythique escamote par un long tunnel que nous empruntons.
Je ne croyais pas à la légende qui veut que le temps change radicalement à cet endroit. E stupido Stephano, perche e vero.
Soleil et chaleur au sud, fraîcheur et grisaille à la sortie du tunnel.
Aye, je comprends mieux la motivation de oncle Ho à envahir le sud, à vouloir tester lui aussi sa planche de surf.
Brrr, dans la prochaine newsletter, biroute vous narrera son périple dans le ch'nord.

Allez, a+ pour de nouvelles aventures.

S.

ceeeeb
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