Je trace ma glace au Pérou, FTL'S

La vie, la vraie, du Pérou

Le 06/04/11, 23:52

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Quel est le cout de la vie au Pérou ? Telle est la question. Je me la suis posée aussi. Il faut savoir que si nous gagnons en France par semaine, au minimum, 952 soles, ici au Pérou tu gagnes 6OO soles pour le mois. Alors oui, j’entends déjà les « ouiiiiiiii peut être, mais la vie est beaucoup moins cher ». En effet, la vie est moins chère, mais pour nous. Le litre d’essence équivaut à 0,74 centimes d’euro, ce qui est beaucoup pour les communautés, et comme en France, en ce moment, chaque jour le prix augmente. Les soins médicaux et les médicaments sont un luxe ici à Puno. On préfère de toute façon depuis des générations se soigner à l’aide de Plantes, comme a l’époque ancestrale des Incas. Tiens, justement, l’autre jour j’avais un début de grippe, alors ni une ni deux, on m’a soigné avec des feuilles d’eucalyptus. Quelques feuilles dans de l’eau chaude, pour faire du Maté, et puis ensuite les feuilles seront collées à mes tempes et sur mes épaules. Tout ca sur les ordres de Genoneva et hop au lit. Hier, elle avait mal au genou, alors pour se guérir rien de tel qu’une bonne piqure d’abeille. Et la douleur est passée... Ca marche bien !
Dans sa globalité, l’eau n’est pas forcement potable au Pérou. A lima il est déconseillé de la boire au robinet. A Puno l’eau est potable mais remplit de chlore dans le centre ville. A Chinchera, où je vis, c’est le contraire. L’eau est excellente et pure dans la campagne. Mais alors pourquoi ici, ils ne boivent jamais d’eau ? Cette habitude a été prise des les années 90 ; quand il y avait le terrorisme et la restriction. L’eau avait été coupée pour les besoins des militaires. Alors depuis, ici, on boit beaucoup de Thé mais la soif est rare. Pourtant, ils ne payent que 5 soles par an, pour utiliser l’eau en libre service. Dans le centre de Puno, c’est différent, ils payent leur consommation par un compteur. Au début, William croyait que j’étais en « diète » car tout les matins j’arrive au bureau avec une bouteille d’eau 
Alors quand on me demande « combien vous payez vous en France ? » ... Est-ce qu’il faut que je compte le gaspillage d’eau pour laver nos voitures ? Arroser le jardin en plein été ? Faire la vaisselle 3 fois par jours ? Laisser couler l’eau le matin ? Heu..... Beaucoup trop.
Il faut savoir, que l’électricité à Chinchera est arrivée en 1988. Ils payent par mois leur consommation, c’est à dire, (sans compter les nombreuses coupures de courant), 30 soles le mois, 8 euros.
Au Pérou, il y a beaucoup d’économie informelle, souterraine et clandestine. Ainsi, elles échappent aux prélèvements obligatoires, aux règles économiques et sociales et à l’intervention de l’ETAT. Il y beaucoup de petites économies, a Puno, il y a encore beaucoup de personnes qui ne possèdent pas de compte en banque. Les commerçants ambulants avec leurs petits chariots, payent 50cts de soles chaque jour pour tenir leur emplacement et une partie de leurs recettes va à l’état. Il y a beaucoup de jeunes qui ont des qualifications qui s’acquièrent en dehors du système scolaire officiel. Beaucoup de jeunes, après leurs études, s’achètent un vélo « transporteur » pour amener les personnes, à défaut de ne pas trouver d’autre travail ou a défaut de trouver une ambition. Quand l'emploi formel souffre au Pérou, l'informalité agit sur l’économie et lorsqu’une personne perd son emploi, il va directement dans le secteur informel pour se faire un petit revenu quotidien. En 2007 (d’après une super source d’information !) l'informalité dans l'économie serait proche de 60% dans la métropole de Lima, où vit près d'un tiers de la population. Après, il ne faut pas faire d’un cas une généralité, il y a aussi des sources d’emploi dans la téléphonie, Internet, dans le commerce qui ne connaissent pas la crise !
De plus, en partie a cause de cette économie, il n’y a peu d’aides sociales. Je rencontre tous les jours des femmes veuves, qui mendient ou vendent des céréales aux portes à portes. C’est une extrême pauvreté. Personnes ne s’occupent d’elles.
Le taux de chômage au Pérou a toujours été assez bas, (autour de 8%). Le vrai problème ici, ce n'est pas le chômage, c'est la pauvre qualité de l'emploi, qui provoque bas revenus et pauvreté.
Ah oui, sinon, je me fais livrer du yaourt au bureau  C’est trop bien ! Ici, le monopole de l’industrie laitière est détenu par une entreprise, « Gloria ». Ainsi, on peut trouver dans les commerces ambulants ou dans les superettes, du lait écrémé ou demi écrémé, des yaourts mais qui restent chères pour les communautés locales. Alors moi, j’ai ma petite Maria, qui a chaque fois me dit « Mon yaourt c’est comme du Gloria, tu vas voir, je fais même mieux qu’eux ! ». Alors j’en achète chaque semaine, un peu comme le système d’AMAP en France, mon litre de yaourt nature, ou fraise ou ananas pour 3,5 soles, c’est un régale !
J’ai ma petite Juana aussi. Elle vient me vendre des céréales (un peu comme les crisp crops, mais sans la boite en carton et sans sucre. Naturel) Elle vient de loin Juana tous les lundis de Juliaca, dans les montagnes. Elle n’a pas de famille, pas de maison, pas de terre. Elle vit chez les uns et les autres, et achète des sachets de céréales qu’elle essaye de vendre tant bien que mal à Puno. Elle est toujours souriante et marrante. Elle me chante des chansons en Quecha et Castillano. Elle m’explique qu’à chaque fois elle doit supplier les gens pour qu’il lui achète un sachet de céréales à 50ct de soles. ET à chaque fois, ils trouvent le moyen de négocier. Ces vêtements ce sont plus des guenilles qu’autre chose, avec son Iglia, et ses petites chaussures lui font mal aux pieds. Une fois elle est tombé par terre, elle s’est cognée la tête ; et depuis ce jour ça lui bourdonne dans les oreilles. Alors elle se met du coton avec sa petite fiole magique comme elle dit, un peu d’huile sucré dans ses oreilles. Malgré sa situation extrême, elle arrive à me transmettre son sourire et a me faire passer un des meilleurs moments dans ma journée.

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