La bienvenue !
21 avril 2011 — 28 novembre 2012
Namasté à toutes et à toutes
Nous voila depuis une semaine en Inde. Dépaysement garanti.
Et cela commence dès l'avion où nous sommes 4 blancs dans une carlingue remplie de personnages enturbannés d'ocre, de violet, de rose et autres couleurs vives.
Arrivés à 5 heures du matin à Delhi, une malencontreuse envie de fumer de J. nous fait sortir de l'aérogare. Bannis devrais-je dire car sont super à cheval sur la sécurité ici, impossible de remettre les pieds dans ce foutu aérogare malgré nos gueules de touristes fraichement débarqués.
Un épais brouillard règne sur Delhi ces temps-ci et on se sent oppressés par la pollution. Du coup on tente le centre ville.
En chemin on expérimente la conduite à l'indienne : jolie anarchie, pas de marquage au sol, on se dépasse de tous les cotés.
Et on se frôle (10 cm c'est quand on est à distance de sécurité).
Et saviez-vous quel est l'argument de vente majeurs des voitures ici?
LE KLAXON! Et oui ici on klaxonne pour se signaler, que l'on est derrière et que l'on va tenter une manœuvre de ouf. Ouais, mais comme tout le monde est derrière quelqu'un et veut se frayer un chemin et bien tout le monde klaxonne. C'est nettement moins efficace du coup. Mais marchez 3 heures en ville et vous aurez un sacré mal de tête.
A peine descendu du taxi, on expérimente aussi un petit fléau de Delhi : les rabatteurs vers les faux offices de tourisme pour vous vendre un package.
Force est de constater qu'à Delhi un indien qui vous parle est un indien qui veut vous vendre un truc. Impossible de faire un pas sans être abordés, si on répond en anglais on gagne un kilomètre avec un pot de colle qui rabâche toujours les mêmes questions (nationalité, 1 ere fois en Inde, ...) Demander son chemin est quasi impossible, toutes les routes menant invariablement à un office de tourisme.
Nous nous dirigerons finalement azimutalement vers le quartier routard de Paharganj.
Nous y resterons 2 jours, nous permettant ainsi d 'affiner notre technique de négociation et d'afficher une attitude "je suis pas tombé de la dernière mousson passe ton chemin". La technique de la carpe associée à mon regard de glacon marche très bien aussi.
Acheter un billet de train pour Chandigarh a été une aventure aussi, une escadrille de rabatteurs venant en rafale nous dire que le vuguichet anglophone était ailleurs. Même le policier en faction était de mèche.
Sont drôles ces indiens, limite obstruction, carton rouge sur ce coup.
Comme c'est le dimanche on prendra le train de luxe, pas très typique, on fera mieux la prochaine fois.
Et c'est raté aussi pour les jolies femmes indiennes en sari de soie.
De toutes façons on en voit peu et elles sont habillées à l'occidentale.
200 km plus au nord en 4 heures d'express (vous vous souvenez du brouillard: les trains roulent à vue) on arrive à Chandigarh.
Notre ami Le Corbusier a fait ici la ville la plus propre, la plus verte de tout le pays. Longues artères rectilignes, gazons, rien qui ne fait plus de 2 étages. On respire la tranquillité. Mais ne croyez pas que les klaxons ont disparu car le créateur a eu la bonne idée de mettre des ronds-points à chaque intersection et il y règne une joyeuse ambiance.
On profite d 'un sympathique cuisto à notre hôtel pour mettre des mots sur les mets que l'on choisit un peu au hasard.
Ce cuisto vient du nord, Manali, on décide d'y aller.
Il y a une attraction touristique à Chandigarh, le rock garden. Immense parc payant (15 roupies) construit et décoré uniquement en matériaux de récup. Je m'attendais à un piège à touristes mais à ma grande surprise les indiens y viennent en masse, comme une sortie dominicale en famille. Un régal de voir ses familles prendre la pose, les couples fleurter dans la plus grande discrétion. Là je dois vous parler de mon succès fou....auprès de la gente masculine :-(
C'est vrai qu'on voit beaucoup de couples de mecs.
On pousse jusqu'au lac mais bien sur pas de plage pour faire trempette: pudiques les indiens.
La journée du 06 sera consacrée au trajet Chandigarh -> Manali.
330 kilometres plein nord 330 roupies (fastoche leur système de calcul)
10 heures dans un vrai bus gouvernemental. Un régal!
M. amusera les enfants assis dernière nous. Faut dire que M. a les dents du bonheur, signe de chance ici et ses yeux bleus fascinent les enfants.
Quand le bus (ou le tank on ne sait pas trop) s'arrête pour faire le plein les bras m'en tombent: 1 roupie pour 1 litre de diesel ! Mais je vais exporter des citernes moi!
Manali (2050 m d 'altitude) est une petite bourgade dans les contreforts himalayiens. Nous sommes dans une vallée parcourue par une rivière réputée pour les sports nautiques et le ski. Des montagnes déjà hautes nous encerclent, des sommets enneigés sont visibles.
Chouette coin pour se reposer, écrire, laver son linge...
Par contre 12°C la nuit, guère plus la journée quand le soleil n'est pas au rendez-vous. Inutile de dire que le chauffage n'existe pas dans notre hôtel. Bon à 1.50 euros par pers la nuit tu veux pas du wifi aussi?
C'est déjà le grand luxe: on a un antique ballon d'eau chaude de 10 litres.
Tourista 1 - Stéphane 0
Et oui à force de tester des trucs à manger cela devait arriver.
Pour les puristes, notez que je me vide des deux cotés ;-) beurk
Nous être éloignés de Delhi nous a fait du bien. Ici les gens nous aident volontiers si on leur demande même s'ils restent assez indifférents dans l'ensemble. A Chandigarh c'était la revanche des sikhs, souriants, saluants, des conducteurs de ricksaws s'arrêtant même pour nous aiguiller. Faut dire que la marche à pieds ne semble pas être leur fort, ils préfèrent véloricksaw et autoricksaw au delà de 500 mètres.
Bon j'avoue, on fait encore des photos avec des indiens car ce sont de grands fans : la photo type : un indien souriant devant un monument.
Je finis sur un passage nourriture. Comme les vaches c'est que pour regarder ici, faut pas escompter un bon gros burger. Sont plutôt végétariens: 10 sortes de lentilles (le fameux dal), haricots, pois chiches, riz, épices en tout genre, une sorte de fromage frais mis à toutes les sauces. Une fois j'ai pris carrément un demi-poulet en espérant faire un festin mais Titi, feu mon canari, était plus gros.
Voila pour ces premières nouvelles. Bienvenus en Inde, pays peuplé d'un milliard de fourmis s'agitant dur pour gagner de quoi manger dans un niveau de vie à milles lieues du notre.
S.
PS: désolé pour le retard de mail mais je me heurte à un problème technique avec ma tablette, victime de la guerre sino-indienne.